Genève

30 ans de Pokémon : à Genève la passion n'a pas pris une ride

27.02.2026 18h48 Delphine Palma

pikachu

Bon anniversaire Pikachu! Ce vendredi, la licence Pokemon fête ses 30 ans d’existence. Jeux video, dessins animés, cartes, et goodies en tout genre ont déferlé sur le monde. Trois décennies plus tard, la fièvre est toujours là. Depuis le Covid, Pokémon a même retrouvé une seconde jeunesse.

Chez Red Line, magasin spécialisé en cartes à collectionner, Pokémon représente 25% des ventes. Ouvert il y a deux ans, il attire joueurs et collectionneurs. Beaucoup de trentenaires ayant grandi avec Pikachu, mais pas seulement raconte Dan Bianchi, responsable des évènements. «On a des familles, on a des personnes même âgées qui viennent, qui ont plus de 60 ans, on a des joueurs de 40 ans qui jouent avec des enfants de 8 ans. C'est vraiment un milieu qui réunit tout type d'âge et toute catégorie de personnes.»

Ce matin, toute la famille de Kyan est venue se réapprovisionner en cartes. Ici, parents et enfants sont fans et chacun a sa collection. «C'est sympa de partager ça aussi en famille. Du coup, on ouvre tous ensemble. Et même le papa, il ouvre avec nous.»
Mais pas question de mélanger les cartes: «Ah non, non, non. Chacun sa petite collection privée.»

Nostalgie, communauté et business

Le plus gros collectionneur des lieux, c’est le patron, Vincent Mandra. Cartes anciennes, éditions spéciales, paquets jamais ouverts: une passion devenue métier. «J'en ai beaucoup, ça fait longtemps, mais c'est surtout de la nostalgie. Je travaillais dans les assurances. Et puis à un moment donné, je me suis dit: j'ai plus envie de faire ça.»

Il ouvre alors son propre magasin pour vivre de sa passion et la partager. Car le monde des cartes à collectionner est une communauté à part entière, avec ses règles, ses codes et ses valeurs. «On ne voulait pas juste un magasin. L’idée, c’est que les gens puissent rester ici toute la journée. Il y a un frigo, des consoles, des tables. C’est comme une maison de quartier.»

Le boom des cartes

Dans un autre quartier, le magasin Tanigami  a vu défiler des générations de Pokémon. Le magasin a 30 ans, comme Pikachu et ses copains. La clé du succès de la licence? Le renouvellement constant, explique le gérant. «On vend environ 20 fois plus de cartes qu’avant», constate Rémi Adam.

Ces vidéos en direct, où des influenceurs ouvrent des boosters devant des milliers de spectateurs, ont changé la donne.«À chaque fois qu'ils ont une belle carte, ils vont mettre un montant dessus. On a l'impression que ça a déclenché une sorte d'appât du gain (…) un peu comme les jeux à gratter.»

Résultat: certaines cartes atteignent des sommets. Il y a quelques jours, une carte rare s’est vendue plus de 13 millions de dollars. Pour les moins fortunés, des chapeaux étaient distribués en magasin pour les 30 ans. Moins rentables, mais collectors quand même.