Genève

460 millions d’économies: universités et HES se mobilisent contre les coupes

27.02.2026 18h42 Pierre Pillet

Besnard

Le Conseil fédéral prévoit une économie de 460 millions de francs dans l’enseignement supérieur. À cela s’ajoutent des réductions de subventions cantonales et une hausse annoncée des taxes d’études. Le climat est particulièrement tendu dans les universités et les hautes écoles. Une semaine de mobilisation a été annoncée dès lundi.

Invité sur notre plateau, Benoit Besnard dénonce. Selon lui, ces coupes posent une question fondamentale : « Quelle Suisse souhaite-t-on collectivement avoir ? Des universités dans lesquelles les étudiants s’endettent au prix de leur santé physique et psychique, comme aux États-Unis ? Ou des formations de qualité, dans de bonnes conditions, qui permettent de former de très bons professionnels ? »

Hausse massive des taxes d’études

Derrière les 460 millions annoncés, les conséquences concrètes seraient lourdes pour les étudiants. « Pour les étudiants suisses, on parle d’une augmentation de 40% des taxes d’études. Pour les étudiants étrangers, de plus de 80%. C’est énorme pour des étudiants déjà dans des situations très précaires », explique-t-il.

Dans les HES, la charge de travail rend difficile toute activité lucrative. « Les étudiants étudient en moyenne 38 heures par semaine et, pour la moitié d’entre eux, travaillent en plus à 40%, soit 16 à 20 heures hebdomadaires. » Avec un taux de présence obligatoire élevé et des formations professionnalisantes exigeantes, « il est souvent impossible de travailler davantage sans s’endetter ou dépendre du soutien des parents ».

Personnel sous pression et qualité menacée

Si les coupes se concrétisent, les effets se feront aussi sentir du côté du personnel académique. « Ce sera davantage de contrats précaires, moins de postes fixes et donc moins de temps pour la recherche et l’enseignement », avertit Benoit Besnard.

Le tout s’inscrit dans un contexte politique sensible, à l’approche de la votation du 8 mars sur le salaire minimum des étudiants. Les milieux mobilisés appellent à refuser cette mesure, estimant qu’« il n’y a aucune raison qu’un étudiant soit moins payé ».

Une semaine d’actions

Face à ces annonces, une semaine de mobilisation est prévue, avec notamment une manifestation le 5 mars. Objectif : « rendre visible une problématique encore trop obscure » et maintenir la pression sur les autorités.

Des discussions avec le Conseil d’État et la Confédération sont évoquées. Mais pour les étudiants et le personnel mobilisés, l’enjeu dépasse la seule question budgétaire : il s’agit de défendre un modèle de formation et, plus largement, une certaine vision de la Suisse.