Genève

À Champ-Dollon, les produits frais interdits dans les colis alimentaires

20.05.2026 18h39 Lucie Hainaut

Champ-Dollon

Depuis décembre dernier, les détenus de Champ-Dollon ne peuvent plus recevoir de produits frais dans les colis alimentaires envoyés par leurs proches. Une décision prise pour des raisons sanitaires, mais vivement critiquée par le collectif Parlons Prisons.

Quatre fois par an, les détenus de Champ-Dollon ont la possibilité de recevoir jusqu’à deux colis alimentaires de cinq kilos maximum. Ces paquets permettent d’apporter un peu de variété dans le quotidien carcéral, avec des produits appréciés ou des aliments complémentaires aux repas servis en détention.

Une restriction qui touche le quotidien des détenus

Mais depuis décembre, les produits réfrigérés sont interdits. Plus question d’envoyer des denrées fraîches. Une mesure rapportée dans les pages du Courrier et qui suscite l’incompréhension parmi les détenus.

«C’est une vraie revendication des personnes détenues. Cette décision s’inscrit dans une réduction des prestations et cela peut atteindre à leur dignité humaine», estime Sophie Bobillier, députée Verte et membre de la commission parlementaire des visiteurs de prisons.

Des critiques contre une réduction des prestations

Le collectif Parlons Prisons dénonce lui aussi cette nouvelle règle. Selon lui, la mesure pénalise particulièrement les détenus qui n’ont pas les moyens d’acheter des produits à l’épicerie de la prison.

«Les personnes détenues comprennent mal cette réduction de prestations. Ajoutée à d’autres difficultés du quotidien, elle peut être vécue comme une pratique chicanière» note Sophie Bobillier.

Autre élément pointé du doigt: le manque d’explications autour de cette décision, qui alimente la frustration parmi les détenus.

Le canton invoque des risques sanitaires

Le Département des institutions et du numérique, dont dépend l’Office cantonal de la détention, défend la mesure. Il s’appuie sur une recommandation du Service de la consommation et des affaires vétérinaires (SCAV). Ce dernier évoque des risques liés à la rupture de la chaîne du froid. Pour l’heure, aucune alternative n’est envisagée afin de maintenir l’envoi de produits frais.

Le collectif Parlons Prisons demande pourtant que des solutions soient étudiées pour permettre à nouveau ce type d’envoi, tout en garantissant les conditions sanitaires nécessaires.