A Genève, espoir et angoisse de la diaspora iranienne
Depuis samedi matin, les Iraniens de Genève suivent les événements au Moyen-Orient avec une intensité rare. Entre euphorie et inquiétude, les émotions se bousculent.
Drapeau suisse et drapeau de l’Etat impérial d’Iran à la main, Anoushka Favre, Suissesse d’origine iranienne, est traversée par un fol espoir depuis samedi matin. «J’ai vécu ça en criant, en pleurant, en riant. On est épuisés et en même temps on a une adrénaline de fou. On s’est permis de fêter hier et aujourd’hui, on recommence le combat. Parce que le peuple iranien n’est pas libre, pas encore.»
Comme elle, Rahâ est convaincu que la fin du régime est proche. «Nous sommes très heureux que Khamenei soit parti pour toujours. Maintenant, le reste du régime va tomber aussi. À mon avis, ça ne prendra pas beaucoup de temps. Le changement de régime est prêt. Tout le monde, à l’étranger, à l’intérieur.»
Quelques Iraniens se sont donné rendez-vous sur la place des Nations pour exprimer joie et surtout un immense espoir face à la disparition du guide suprême et à l’intervention militaire USA-Israël. «Avec l’aide que nous avons reçue ce week-end, l’espoir est de nouveau né» s'exclame Arya Basti au micro devant les quelques manifestants ayant pu se déplacer ce lundi matin.
Pour tous, la solution a un visage: celui de Reza Pahlavi, fils du dernier Shah, exilé depuis 47 ans. «Il y a une alternative. Il y a une seule personne qui ne prétend pas prendre le pouvoir» explique Arya Basti, soutien inconditionnel de Reza Pahlavi. «Il est là juste pour faire les 100 jours de transition vers les urnes. Et là, on décidera.»
Entre prudence et inquiétude
Azar Tahbazian, Iranienne installée en Suisse depuis plus de 40 ans se montre plus réservée. «L’espoir, vous savez, j’en ai eu à plusieurs reprises et c’est retombé malheureusement très vite, ce qui fait que je reste très prudente pour le moment, pour la suite.»
Depuis samedi matin, elle ne parvient plus à joindre ses proches à Téhéran et Ispahan. Plus que l’espoir, c’est désormais l’angoisse qui domine. «Il y a les bombes qui tombent, on n’a pas de nouvelles. On ne sait pas ce qui se passe et on ne sait pas ce qui va se passer après. C’est aussi l’après qui est inquiétant. Pour le moment, c’est encore toujours très incertain. On ne peut qu’espérer un changement positif.»
Ce soir, une manifestation est en cours dans les rues de Genève à l’initiative du parti Solidarités pour dénoncer la guerre, sous le slogan: ni Shah, ni Mollah, ni USA, ni Israël.