À Genève, les missions nocturnes de la Rega ont triplé
Six mois après l’inauguration de sa base héliportée à l’aéroport de Genève, la Rega constate une forte hausse de ses interventions sur le canton. Les missions nocturnes ont presque triplé en un an, une évolution rendue possible par une base rénovée, opérationnelle 24 heures sur 24, et par l’arrivée d’un hélicoptère de dernière génération.
Un pilotage largement assisté par les instruments, dans un environnement visuel dégradé et avec peu de repères au sol. En un an, les missions nocturnes menées par l’équipage genevois de la Rega sont passées de 29 en 2024 à 83 interventions. Une augmentation spectaculaire, rendue possible par l’acquisition d’un hélicoptère de dernière génération, spécialement équipé pour les opérations de nuit.
Un hélicoptère taillé pour la nuit
L’appareil dispose d’un système d’éclairage particulièrement sophistiqué. «Là, c'est un phare d'atterrissage, on en a deux autres dessous qui pointent vers l'avant, ici un premier phare de recherche orientable, un deuxième rétracté et un troisième qui pointe vers le bas pour le treuillage», détaille le pilote de la Rega Etienne Dupraz.
Sur la partie ventrale, d’autres projecteurs renforcent encore la visibilité. «Avec une bonne source de lumière, c'est beaucoup plus safe. On voit mieux les obstacles et les références, et à la fin, on va beaucoup plus vite aussi», ajoute-t-il.
Une base rénovée et plus réactive
Cette capacité opérationnelle repose aussi sur une base entièrement rénovée. Dotée de quatre chambres, elle permet à un équipage de la Rega —un pilote, un ambulancier et un médecin— de résider sur place 24 heures sur 24. Résultat: des délais d’intervention nettement réduits.
«Au lieu de 30 minutes, on décolle en 10, maximum 15 minutes. Cela permet de couvrir tout le canton et d’être sur place en 20 minutes maximum», explique Etienne Dupraz. Une rapidité devenue essentielle face à l’augmentation des activités lacustres, comme le paddle ou les embarcations gonflables sur le Rhône, qui génèrent davantage d’interventions de recherche et de sauvetage.
Des chiffres en forte hausse
En 2025, les équipes de la Rega ont mené 420 missions depuis la base genevoise, un volume nettement supérieur à celui des cinq dernières années. «Les chiffres des interventions nocturnes ont quasiment triplé et les chiffres globaux montrent qu’il y a un réel besoin, sollicité plus d’une fois par jour», souligne David Suchet, porte-parole de la Rega.
La Rega ne perçoit aucune subvention étatique. Elle peut compter sur plus de 3,5 millions de donateurs en Suisse, dont 80 000 à Genève. Leurs contributions couvrent environ 60% des coûts de fonctionnement, le reste étant financé par la facturation des missions.