Genève

À quoi ressembleront les vins genevois dans 70 ans ?

23.01.2026 18h19 Delphine Palma

vin

Quel vin boiront les Genevois dans 50 ou 70 ans ? Grâce à une application développée à l’Université de Genève, chercheurs et viticulteurs peuvent déjà se projeter dans l’avenir du vignoble cantonal.

Et si le futur du vin genevois se lisait sur un smartphone ? Une application développée par des chercheurs du département de physique de l’Université de Genève permet aujourd’hui de se projeter dans l’avenir du vignoble cantonal. Son principe : le jumeau climatique. Autrement dit, comparer le climat genevois de demain à celui de régions viticoles qui existent déjà aujourd’hui.

Températures, précipitations, croissance de la vigne, accidents météorologiques ou encore développement des maladies : le modèle intègre une large palette de paramètres. L’objectif des chercheurs est clair : être le plus concret possible.

 

«L’idée est simple. Si un vigneron veut se projeter à l’horizon 2070, il peut aller observer comment on travaille aujourd’hui dans une région dont le climat correspondra demain au sien. Quels cépages y sont plantés ? Quelles pratiques culturales sont utilisées ? Une manière d’anticiper les changements à venir et de s’y préparer dès maintenant », s'enthousiasme le professeur Jérôme Kasparian de l'UNIGE. 

Car le climat ne se résume pas à une hausse des températures. « Si on ne regardait que la température, on finirait dans la vallée du Rhône, puis au Maghreb », expliquent le chercheur.« Or, les choses sont bien plus complexes : l’altitude, l’humidité ou encore la répartition des pluies jouent un rôle déterminant.»

Un glissement vers le sud… avec des nuances

Que révèle concrètement l’application ? Sans surprise, toutes les communes du terroir genevois glissent vers le sud, quelle que soit leur localisation actuelle. Les cartes sont globalement similaires, mais elles révèlent aussi quelques subtilités : selon les communes, le déplacement est plus ou moins marqué vers le sud ou vers l’est.

À Satigny, par exemple, la projection à l’horizon 2070 pointe vers des régions comme le Languedoc.

« Le vin ne se résume pas au climat »

Au domaine de la Devinière, nous avons montré l’application à Camille Cretegny, qui vient de reprendre le domaine familial. Si la viticultrice regarde ces projections avec intérêt, elle reste sceptique. « Les vins que l’on produit aujourd’hui ne dépendent pas uniquement du climat. Il y a aussi nos sols, notre encépagement et notre manière de travailler », rappelle-t-elle. Selon elle, Genève ne deviendra pas un vignoble du sud de la France du jour au lendemain. « En 2070, on aura sans doute évolué, mais dans notre façon de travailler ici, avec notre culture locale. »

Le changement climatique oblige les viticulteurs a évoluer mais la tendance pousse vers des cépages plus résistants. Car certains fléaux comme le gel ou le mildiou resteront des défis majeurs, même avec des variétés mieux adaptées au réchauffement.

Pas de panique pour le petit Chasselas genevois

Et pour les amateurs de vin local, inutile de s’inquiéter. Les viticulteurs genevois ne sont pas prêts à tout arracher pour transformer leurs vignes du jour au lendemain.
Le Chasselas, le Gamay et les autres crus du canton ont encore de beaux jours devant eux.

Les Genevois pourront  continuer à lever leur verre  en toute tranquillité... et avec modération. 🍷