Genève

Aide sociale: pétition de 2000 signatures contre une coupe à Genève

16.03.2026 17h00 Delphine Palma

hg

La diminution de 50 francs du forfait d'intégration dans l'aide sociale à Genève ne passe pas. Lundi, une pétition dotée de 1000 signatures sur papier a été remise au secrétariat du Grand Conseil, auxquelles s'ajoute un nombre similaire en ligne.

La contestation s'organise contre la baisse de l'aide sociale. 1'539 signatures ont été déposées ce matin au Grand Conseil contre la baisse de l'aide sociale. Dans le viseur, une décision du Conseil d'État prise fin janvier. Elle réduit de 50 francs par mois le forfait d'intégration versé aux bénéficiaires de l'aide sociale. Cette modification réglementaire, entrée en vigueur le 1er mars, ne peut pas faire l'objet d'un référendum.

De 225 CHf à 175 CHF

AVIVO, Caritas et le Centre social protestant dénoncent eux aussi cette mesure. Selon ces organisations, elle risque de fragiliser encore davantage des personnes déjà précaires, en aggravant les dettes et les difficultés financières. Associations, syndicats et partis de gauche se sont unis pour porter cette pétition, à laquelle le MCG s’est également rallié.

Le directeur du CSP, Alain Bolle, explique «À Genève, près d’une personne sur cinq est menacée par la précarité et le nombre de bénéficiaires de l’aide sociale continue d’augmenter. Nous avons soutenu cette pétition pour qu’il y ait un débat démocratique et que le Parlement puisse se saisir de cette question.»

Concrètement, le forfait d'intégration est passé depuis le 1er mars de 225 à 175 francs par mois. Cette prestation est versée à tous les bénéficiaires adultes de l'Hospice général pour soutenir leurs démarches de sortie de l'aide sociale. Au total, cela représente 600 francs de moins par an. Une baisse difficile à vivre pour des personnes déjà précaires, selon Guillaume Thion, délégué syndical SSP et assistant social à l'Hospice général. «Les personnes arrivent en entretien avec de la colère, de la tristesse et beaucoup d’incompréhension. Elles se demandent comment elles vont faire, alors qu’elles n’y arrivaient déjà pas avant cette baisse. Et ce, dans un canton extrêment riche.»

Les pétitionnaires demandent notamment un soutien accru aux familles monoparentales, une baisse des loyers et des primes d’assurance maladie, ainsi que davantage de moyens pour l’Office cantonal de l’emploi, l’Hospice général et les services sociaux.

Mesures d'économie

Contacté, le département en charge de la cohésion sociale indique ne pas vouloir commenter davantage ce sujet à ce stade, dans la mesure où il entend répondre au Grand Conseil.«Cette baisse avait déjà été annoncée dans le cadre du projet de budget 2026 en lien avec les mesures d'économie décidées par le Conseil d'État», précise le DCS.

Dans un contexte où les coûts de l'aide sociale continuent d'augmenter, la droite parlementaire, elle, veut aller plus loin. Au moins deux projets de loi sont déjà sur la table pour tenter d'en limiter les dépenses.