Genève

Appel à manifester à Genève contre le G7 diffusé à l'international

28.04.2026 18h37 Martin Esposito avec ATS

 La coalition NoG7 a lancé un large appel à l'international pour manifester le dimanche 14 juin à Genève contre le sommet du G7 d'Evian (F). Le canton n'a pas encore tranché sur la demande de manifestation. Mais avec ou sans autorisation, cette mobilisation aura de toute façon lieu, ont affirmé mardi des membres de la coalition.

"On espère beaucoup, beaucoup de monde et on fera tout pour que ça soit le cas", a indiqué devant la presse Françoise Nyffeler, membre de la Grève féministe, au nom de la coalition. "Nous empêcher de manifester est une atteinte aux droits fondamentaux", a ajouté Mme Nyffeler.

Face à la montée du fascisme, aux politiques mortifères menées par les dirigeants du G7 et au développement du masculinisme, "notre responsabilité est de résister et de montrer une large opposition", selon la coalition, qui regroupe désormais une cinquantaine d'organisations. Mme Nyffeler a fustigé le "rejet irresponsable du dialogue de la part des autorités cantonales et communales".

Le programme

Et de déplorer les annonces faites par voie de presse dans ce dossier. La conseillère d'Etat genevoise Carole-Anne Kast, en charge de la sécurité, avait indiqué la semaine dernière sur le plateau de la RTS avoir conjointement décidé avec la Ville de Genève de ne pas autoriser l'installation d'un village alternatif aux Bastions.

A ce jour, aucune autorisation n'a été délivrée. Et aucune décision ne sera prise avant une évaluation complète des risques concrets, selon le Département de la sécurité. Le canton attend notamment la position du Conseil fédéral sur une éventuelle fermeture des frontières. Du côté de la France, il n'y a à ce stade pas de volonté de les fermer.

Alors que l'incertitude demeure, la coalition a déjà dévoilé les grandes lignes des événements prévus. Un meeting de lancement est organisé le vendredi 12 juin au soir avec "400 à 500 personnes", un village alternatif aux Bastions avec des tables rondes, des stands et de conférences est prévu le samedi 13 juin alors que le dimanche 14 juin aura lieu la grande manifestation.

Pas à la campagne

La tenue de cette manifestation à Genève, alors que le sommet a lieu à Evian, est une évidence pour NoG7. En tant que ville berceau des droits de l'homme, Genève est une ville regardée, selon la coalition. "Il n'est pas question de nous envoyer manifester dans la campagne genevoise", selon Mme Nyffeler.

Manifester en France n'est donc pas une option. La préfecture de Haute-Savoie a d'ailleurs précisé lundi n'avoir reçu aucune demande d'autorisation. La tenue d'un contre-sommet du côté français, comme le demandent les autorités genevoises, n'est pas non plus d'actualité. A ce stade, aucun organisateur ne s'est profilé.

Quelques vitrines

La coalition en a aussi assez que la mobilisation du 14 juin soit systématiquement diabolisée et comparée à la manifestation anti-G8 de 2003. Le centre-ville de Genève avait alors été saccagé. "Quelques vitrines cassées, ce n'est pas le problème", selon la coalition, qui pointe du doigt les véritables enjeux: soit la montée des forces d'extrême droite.

De leur côté, les milieux économiques ont récemment fait part de leurs craintes par rapport à de potentiels débordements. Ils ont dénoncé le silence des autorités à quelques semaines du sommet. Une carte listant des entreprises considérées comme des "fripouilles du capitalisme" avait fait monter la tension. La droite a aussi lancé l'assaut au Grand Conseil pour interdire toute manifestation pendant le G7.