Genève

Après les débordements, nouvelles mesures contre les ultras servettiens

14.09.2026 18h24 Denis PALMA

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De nouveaux affrontements ont opposé des supporters servettiens à la police dimanche à Lausanne. Les autorités réactivent le niveau 2 de Progresso pour les deux prochains matchs du club. Une sanction déjà prononcée en février, avant un passage au niveau 3 quelques semaines plus tard. 

Un parcage visiteurs vide, barré d’une banderole: «Liberté pour les ultras». Dimanche à la Tuilière, les ultras servettiens ont renoncé à assister au derby remporté 1-0 par leur équipe face au Lausanne-Sport. 

À l’origine de ce boycott: le dispositif imposé pour le déplacement des supporters grenat. Les autorités vaudoises avaient conditionné l’accès au secteur visiteurs à un transport en bus entre la gare de Lausanne et le stade. Le Servette FC avait lui-même informé ses supporters avant la rencontre que ce passage par les bus était obligatoire.

Selon le club genevois, le trajet s’est déroulé dans le calme. Mais à proximité de la Tuilière, les bus ont dû s’arrêter à une centaine de mètres de leur destination. Les supporters ont alors voulu terminer le trajet à pied, ce que la police a refusé.

Le député PS genevois Sylvain Thévoz, présent sur place, juge la réponse des forces de l’ordre disproportionnée. «On a une montée en tension, un rapport de force très brutal. Et à mon sens, ça n'aurait rien coûté de les laisser avancer, laisser aller au stade dans une idée de dialoguer, de permettre un peu de lâcher la vapeur», estime le socialiste.

Les incidents éclatent à la gare

Les ultras servettiens ont finalement renoncé à entrer dans le stade. Par solidarité, leurs homologues lausannois ont eux aussi déserté leur tribune.

Le dispositif n’a toutefois pas empêché de nouveaux débordements après la rencontre. À la gare de Lausanne, une quarantaine de supporters genevois ont utilisé des engins pyrotechniques en direction des policiers. Les forces de l’ordre ont répliqué avec des balles en caoutchouc, selon la police cantonale vaudoise.

Pour le député UDC Christo Ivanov, ces nouveaux incidents sont ceux de trop. Il réclame notamment l’introduction de billets nominatifs. «Nous sommes encore au pays des bisounours. Il faut qu'on comprenne qu'aujourd'hui c'est un problème de société, c'est un problème de délinquance», affirme-t-il. L’élu souhaite que le Conseil national légifère sur la question.

Un retour au niveau 2

Interrogée sur les suites politiques à donner à ces violences, la conseillère d’État Carole-Anne Kast renvoie pour l’heure la balle à la police qui a tranché sur le volet sécuritaire: Servette repasse au niveau 2 de Progresso, le système de sanctions graduées contre les violences dans le football, pour ses deux prochains matchs.

Une mesure qui est loin d’être nouvelle pour le club grenat. En février dernier, Servette avait déjà été placé au niveau 2 pour deux rencontres après des débordements et l’utilisation d’engins pyrotechniques, notamment à la gare de Lausanne le 15 février. Ce niveau prévoit notamment des fouilles par palpation systématiques et une vidéosurveillance renforcée.

Ces mesures n’avaient alors pas empêché de nouveaux incidents. Après l’utilisation massive d’engins pyrotechniques lors de Servette-Sion le 28 février, les autorités genevoises avaient activé le niveau 3. La Tribune Nord avait été fermée pour la réception du FC Zurich et une période probatoire de trois matchs à domicile avait été imposée.

Le système de bus toujours défendu

Contacté, le Servette FC condamne les violences survenues dimanche mais continue de défendre le principe du transport en bus. Avant la rencontre, le club avait d’ailleurs appelé l’ensemble de ses supporters à adopter un «comportement exemplaire et respectueux» durant tout le déplacement.

Pour Servette, le transport entre la gare et les abords du stade s’est déroulé dans le calme et ce système reste préférable aux dispositifs précédents. Le club pointe en revanche la gestion des derniers mètres et les contrôles renforcés à l’entrée du secteur visiteurs.

Six mois après une première montée des sanctions jusqu’au niveau 3, Servette se retrouve donc une nouvelle fois sous le coup de Progresso. Malgré les fouilles renforcées, la vidéosurveillance et la fermeture ponctuelle d’une tribune, les incidents se répètent. De quoi remettre au centre du débat l’efficacité de ce système de sanctions et, plus largement, la stratégie adoptée face aux violences autour des matchs.