Au Boulevard Carl-Vogt, la caisse de pension bâloise promet des départs échelonnés
La caisse de pension PKBS annonce un chantier par étapes pour les immeubles de Carl-Vogt. Elle pourrait proposer des solutions de remplacement pour les locataires.
La rénovation des immeubles du boulevard Carl-Vogt 35-43 ne se fera finalement pas en une seule phase. La caisse de pension bâloise PKBS fait machine arrière et a décidé d’échelonner les travaux, invoquant la volonté de mieux tenir compte de la situation des locataires concernés par les résiliations de bail. Des résiliations qui ne sont cependant pas remises en cause.
Les locataires ne seront pas contraints de quitter leur logement tous en même temps, mais au rythme de l’avancement du chantier. La caisse de pension bâloise fait un pas supplémentaire: elle «s’efforcera de pouvoir proposer […] une solution de remplacement», avec un accès prioritaire aux logements vacants du parc immobilier de la caisse, ainsi qu’au portefeuille géré par la régie Naef. Des prolongations de bail pourraient également être accordées jusqu’au début effectif des travaux.
Un immeuble entièrement vidé
Malgré ce changement de stratégie, le principe reste inchangé: l’ensemble du bâtiment devra être libéré. Le propriétaire estime qu’une rénovation en site occupé est impossible, en raison de l’ampleur des travaux prévus.
Ceux-ci comprennent notamment l’installation d’un chauffage central, le remplacement des réseaux d’eau et d’électricité, ainsi que l’assainissement de substances potentiellement nocives et la mise aux normes de sécurité. Le début du chantier est pour l’heure prévu à mi-2027, sous réserve de l’obtention des autorisations nécessaires.
Nicolas Walder: «Nous ne ferons aucune concession»
Pour Caroline Renold, députée socialiste et avocate à l’ASLOCA, ces annonces «ne sont que des promesses creuses». Elle explique que les locataires ont droit à des prolongations de bail en cas de contestation et pointe l’absence de promesses quant au relogement et au retour dans les logements. «Tout ce que l’on apprend, c’est que ces appartements sont perdus pour le logement abordable à Genève.» Elle demande le retrait des résiliations, des travaux en site occupé et le maintien des logements abordables.
Nicolas Walder, conseiller d’État en charge du territoire, salue lui l’échelonnement des travaux, mais dit son incompréhension face à la résiliation des baux. «Nous allons revenir à la charge auprès de la régie et auprès du propriétaire. Il faut absolument délier ces résiliations avec les rénovations énergétiques, patrimoniales et sécuritaires», annonce-t-il. L’élu se pose la question également de l’évolution des conditions de logement.
«Aujourd’hui, je donnerais un préavis négatif (aux travaux, NDLR.) s’il n’y a pas de solution de relogement. […] Nous ne ferons aucune concession et aucun cadeau sur la base de ce que la régie et le propriétaire ont démontré aujourd’hui», avertit-il. Il rappelle que plusieurs propositions de loi sont étudiées aux Grand Conseil pour renforcer la protection des locataires, mais appelle régies et propriétaires «à revenir à la responsabilité».