Genève

Au Vengeron, la pollution devient presque une habitude

22.05.2026 17h38 Delphine Palma

pollution

Et de 3. En à peine un an, le site du Vengeron, populaire pour la baignade dans le Léman, a été touché à trois reprises par des pollutions aux bactéries fécales. À chaque fois, une rupture de canalisation d’eaux usées était en cause. Depuis jeudi, l’interdiction de baignade a été levée. Mais ce nouvel épisode inquiète, alors que les cours d’eau genevois sortent d’une année 2025 marquée par une série record de pollutions.

Barrières et panneaux d’interdiction: au Vengeron, la scène devient familière.
Cette semaine encore, la baignade a été interdite pendant 48 heures après une pollution du ruisseau du Vengeron, qui se jette dans le Léman. En un an, c’est déjà la troisième fois que ce site populaire est touché par une pollution aux eaux usées.

Pour les défenseurs du lac et des rivières, cet épisode ravive les inquiétudes après une année 2025 particulièrement difficile pour les cours d’eau genevois. « On croise les doigts pour qu’on ne revive pas une situation pareille », réagit Maxime Prevedello, président de la Commission de la pêche.
S’il reconnaît que « les accidents arrivent », il estime que les moyens de contrôle doivent être renforcés. « Il faut plus de personnel sur le terrain, plus de contrôles des entreprises et des chantiers, mais aussi davantage de sensibilisation auprès des habitants et des riverains. »

Deux incidents liés à Genève Aéroport

Depuis un an, trois épisodes de pollution se sont succédés au Vengeron. Et à deux reprises, l’origine se trouve sur le site de Genève Aéroport.

Mardi dernier, une pelleteuse a endommagé une importante canalisation lors de travaux d’entretien du tarmac, nous indique l’aéroport. Cette conduite, reliée à la station de pompage du Grand-Saconnex, transporte des eaux usées à très fort débit. Une partie s’est déversée dans la nature avant que le réseau ne soit stoppé.

Au-delà de l’interdiction de baignade, une mortalité piscicole a aussi été constatée.Pour Adrien Bonny, de l’Association pour la sauvegarde du Léman, ces pollutions peuvent avoir des impacts très importants. « Quand on parle d’eaux usées, il n’y a pas que des matières fécales. Il y a aussi des déchets jetés dans les toilettes, des résidus médicamenteux ou encore des produits ménagers. Tout cela fragilise encore davantage des milieux aquatiques déjà très sensibles. »

Une année record pour les pollutions et un tournant ?

Comme lors de chaque pollution majeure, l’Office cantonal de l’eau a déposé une dénonciation pénale. Le chef du service confirme que l’année 2025 a marqué un tournant.
Une centaine d’épisodes de pollution, dont une dizaine de majeurs, ont été recensés: un record pour Genève.« La série noire de 2025 nous a poussés à accélérer certaines mesures, très clairement », explique Guillaume Pierrehumbert, directeur de l’Office cantonal de l’eau.
La police de l’eau est en cours de renforcement et un nouveau responsable entrera en fonction le 1er juin. Un dispositif opérationnel d’intervention a également été recréé afin de soutenir les secours lors des épisodes de pollution. Et une campagne de prévention a été lancée dans les secteurs les plus touchés en 2025.

Ce vendredi, la trentaine de sites de baignade du canton étaient à nouveau ouverts. Le Léman, lui, dépasse à peine les 15 degrés.