Autour du manège de Meyrin, le flou règne
Depuis le printemps, toute une partie des écuries et du grand couvert est fermée, sécurité oblige. La Ville dénonce des installations vétustes, la société exploitante lui reproche son manque de soutien.
Portes fermées et espaces condamnés. Ce week-end, le manège de Meyrin s'est un peu plus vidé. En cause, un rapport d'expertise au vitriol commandé par la commune. Sécurité remise en cause, travaux non conformes, réparation de fortune. Redevenue propriétaire des murs en juin, après 48 ans de concession, la commune a voulu cet état des lieux.
Et le document dresse un constat très sévère envers la coopérative et son gérant. «Je suis assez surpris de la situation dans laquelle aujourd'hui on récupère, un peu malgré nous, ces installations, commente Laurent Tremblet, conseiller administratif. Il y a eu une exploitation régulière tout du long de cette année. C 'était clairement précisé dans les droits de superficie que la coopérative d'abord, puis ensuite, quand elle a installé une SARL, elle a transféré cette obligation à l'exploitant. Donc ces deux entités, entre elles, devaient pouvoir assurer l'entretien de ces lieux.»
«Je suis le pot de terre contre le pot de fer»
Face à ces accusations, Fernando Monteiro, exploitant du site depuis 23 ans, a fermé ce week-end une partie de son manège, comme demandé par la commune. Mais il ne peut cacher son émotion: «Quand j'ai commencé en 2003, il y avait un manège en salure ici. J'ai formé des apprentis, j'ai tout fait pour que les enfants, que j'ai vu des champions en Suisse enfants, des champions juniors genevois. Je suis le pot de terre contre le pot de fer.»
De son côté, la coopérative de l'école d'équitation fait bloc derrière son gérant. Ensemble, ils affirment avoir eux-mêmes alerté la mairie sur une fissure majeure au printemps dernier et refusent de payer des travaux qu'ils jugent structurels. Pour eux, la facture incombe à la commune, d'autant qu'en 2024, les Meyrinois ont voté pour le maintien d'un manège sur leur territoire.
«Pour que les enfants et les jeunes qui viennent ici au manège puissent continuer de le faire, nous avions demandé aux conseillers administratifs de mettre en œuvre cette initiative et puis de payer cette réparation qui, semble-t-il, au niveau du budget communal, n’allait pas grever le budget. Il n 'y a rien qui a été fait de la part de la commune», explique Jean-François Girardet. En attendant, l'activité sur le site est fortement réduite et l'avenir du manège incertain.
Un accord à l’amiable espéré
Pour l’avocat du manège de Meyrin Me Ludovic Jordan, «la résultante de tout ça, c'est que c'est le manège qui est le premier lésé, son exploitant, M. Montero, et puis les membres du club qui sont privés de leur manège pour des motifs financiers qui regardent la commune et la coopérative».
«On ne cherche pas à fermer l'exploitation, je pense que c'est important de le dire aussi, mais l'objectif c'est de ne pas assurer une exploitation au détriment de la sécurité, réagit Laurent Trembley. Si on doit temporairement fermer une partie de l'installation en attendant que des travaux d'envergure pour certains soient entrepris, on fera en sorte que cette partie soit momentanément fermée.» Aucune procédure judiciaire n'est lancée pour l'instant. Les différentes parties disent encore espérer trouver un accord à l'amiable.