Aux Campanules, la réduction des horaires du restaurant passe mal
Deux ans après une première mobilisation des locataires, la grogne persiste aux Campanules. Les résidents dénoncent la réduction progressive des horaires de la Brasserie du Parc, qui augmente le sentiment d’isolement social des aînés.
Aux Campanules, la Brasserie du Parc n’est pas qu’un simple restaurant. Pour de nombreux résidents, elle représente un lieu de rencontre essentiel à la vie sociale de la résidence.
«L’église au milieu du village»
Mais depuis la fin de l’année 2025, l’établissement n’ouvre plus que du vendredi au dimanche. Une réduction drastique des horaires qui suscite colère et incompréhension chez certains locataires.
«Le restaurant, c’est l’église au milieu du village. C’est l’endroit où les gens se rencontrent, échangent, reçoivent des amis. Aujourd’hui, tout cela a disparu», déplore Luigi Mondati, un résident.
Un réfectoire en semaine
Du lundi au jeudi, le lieu fonctionne désormais comme réfectoire. Les repas sont commandés via les HUG et servis par l’IMAD. Mais pour y manger, il faut réserver son plat une semaine à l’avance.
Une organisation jugée trop rigide par plusieurs habitants. «On ne peut plus improviser un repas avec quelqu’un ou simplement tenir compagnie à une personne âgée. Si vous n’êtes pas inscrit, on vous demande de sortir», témoigne Michelle Olivier, une résidente.
Elle raconte avoir voulu accompagner une voisine de 95 ans au restaurant. «On m’a dit que je ne pouvais pas rester.»
Une question de finances
La Fondation des logements pour personnes âgées ou isolées (FLPAI), propriétaire des Campanules, justifie ces changements par des pertes financières importantes. Selon elle, le restaurant aurait accumulé plus de 500’000 francs de déficit en trois ans.
Dans un courrier adressé aux locataires, le directeur rappelle que la fondation reste «le seul propriétaire genevois d’immeubles pour personnes âgées à proposer des restaurants à ses locataires tout en acceptant d’en supporter les pertes financières».
La FLPAI assure ne pas envisager une fermeture complète du restaurant.
Le sentiment d’un isolement grandissant
Malgré ces assurances, les résidents redoutent une disparition progressive du lieu de vie. Beaucoup disent se sentir peu écoutés.
«Nous sommes déjà dans un endroit éloigné des commerces. Ceux qui n’ont pas de voiture dépendent du bus. Alors quand on réduit encore les lieux de rencontre, c’est terrible», regrette Michelle Olivier.
Entre impératifs financiers et besoins sociaux des personnes âgées, la Brasserie du Parc est devenue le point de cristallisation d’un malaise plus large autour de la qualité de vie dans les résidences pour seniors.