Genève

Bienvenue en 1964: un musée-appartement fait revivre les débuts de Meyrin-Cité

08.10.2026 18h30 Delphine Palma

meyrin

Un sept-pièces a retrouvé son allure d’origine au cœur de la première cité satellite de Suisse. Transformé en musée par l’association Mémoires de Meyrin, il raconte le quotidien des premiers habitants, entre nouveaux modes de vie et modernité architecturale. 

Sur les étagères, dans les placards, jusque dans la cuisine, tout est en place. Il ne manque plus que les habitants. Au dernier étage d’un immeuble de Meyrin, meubles et objets du quotidien replongent les visiteurs dans les années 60, à l’époque où la cité satellite sort de terre, entre 1960 et 1964. 

De jeunes couples venus de l’étranger

«Les gens qui vivaient ici étaient des jeunes couples», raconte Pierre-Alain Tschudi, président de l’association Mémoires de Meyrin. Venus de l’étranger pour travailler dans les organisations internationales, au CERN ou à l’aéroport alors en pleine expansion, ces habitants trouvent ainsi à Meyrin la proximité avec leur lieu de travail.»

Le président décrit une population souvent très instruite, pour laquelle ces logements deviennent également des lieux de rencontre et de discussion. «C’est dans ces appartements extrêmement spacieux qu’ils débattaient, qu’ils se rencontraient.»

La modernité jusque dans les façades

À l’intérieur, tout est pensé pour le confort: de vastes pièces baignées de lumière, de grandes baies vitrées, une vue dégagée pour tous les appartements et des équipements modernes. Inspirée des principes de Le Corbusier, cette conception du logement accompagne les changements de l’après-guerre. «On sort de la période de la Deuxième Guerre mondiale, on rentre dans une nouvelle manière de vivre», explique Giorgio Bello, architecte chez Bello Yurdakul architectes, à la maoeuvre pour la rénovation architecturale de l'appartement.

La nouveauté tient aussi aux techniques de construction. L’architecte souligne le rôle de «l’industrialisation, la standardisation»: les façades sont constituées de panneaux légers et vitrés, faciles à poser. Le bâtiment lui-même incarne cette recherche de modernité.

Une cinquantaine d’antiquaires contactés

Pour retrouver cet intérieur, il a fallu revenir sur des décennies de transformations. Les couches laissées par les rénovations successives ont été grattées pour dégager les revêtements d’origine, notamment le carrelage et le sol des salles de bains. Parquets et meubles de cuisine ont eux aussi fait l’objet de ce travail de restauration.

L’ameublement a nécessité une autre forme de recherche. «On a cherché dans toute la Suisse, on a contacté une cinquantaine d’antiquaires pour trouver du mobilier le plus possible suisse ou du mobilier qui aurait pu se retrouver à cette époque dans cet appartement», explique Noémie Girardet, architecte chez Noémie Girardet Studio.  Même la poussette a été recherchée à travers tout le pays. 

L’appartement-musée se découvre sur rendez-vous, avec un guide. Au-delà de la reconstitution, le lieu accueillera aussi des expositions temporaires, des conférences et des performances.