Genève

Budget 2026: vers un nouveau refus au Grand Conseil?

13.03.2026 18h40 Denis PALMA

.

Le Conseil d’État présentera dans deux semaines un nouveau projet de budget après le rejet en décembre d’une première version déficitaire de 687millions. Mais sans changement majeur, la majorité de droite pourrait à nouveau le balayer.

Genève aura-t-elle un budget 2026? Le Conseil d’État présentera dans deux semaines un nouveau projet au Grand Conseil, après le refus en décembre d’une première mouture déficitaire de 687millions. Sans inflexion notable, le texte devrait largement ressembler au précédent et pourrait être refusé sur le siège par la majorité de droite. Les fronts politiques n’ont guère bougé depuis trois mois.

Une marge de manœuvre limitée

Les lignes devraient peu évoluer. La marge de manœuvre du Conseil d’État reste étroite et le gouvernement devrait présenter, sauf surprise, un projet minimal toujours fortement déficitaire. 

En face, la majorité de droite, de l’UDC à LJS, qui avait déjà refusé le texte en décembre, n’a pas changé de position et pourrait rejeter la nouvelle mouture d’emblée. Le PLR exige toujours des réformes structurelles de l'État. 
«C'est clair que si on voit dès la présentation de ce budget bis qu'en fait il n'y a quasiment aucune modification, que le Conseil d'État n'a pas fait d'efforts, n'a pas écouté la majorité du Grand Conseil, on ne va pas le renvoyer en commission, il sera donc refusé sur le siège. Si on le renvoie en commission, c'est qu'on a un intérêt à l'étudier, qu'on considère qu'il y a des efforts qui ont été faits, que nous pourrions faire encore des efforts supplémentaires et donc qu'il y a une possibilité d'avoir un vrai budget pour cette année», prévient le député PLR Ivan Zweifel.

Les seuils de déficit tolérés par cette majorité sont connus: l’UDC exige zéro déficit, le PLR fixe une limite à 232millions, RFFA oblige, Le Centre à 300 et LJS jusqu’à 400millions maximum.

La gauche et le MCG veulent entrer en matière

Au MCG et à gauche, l’optimisme est plus marqué grâce aux 50millions de boni attendus dans les comptes qui seront présentés le 26mars. Le MCG entend entrer en matière et tenter notamment de rétablir l’annuité des fonctionnaires.
«Nous souhaitons amender ce budget, faire notre travail de député, d'autant plus que les derniers signaux des comptes sont positifs, montrent que nous n'avons pas un décrochage en termes de recettes fiscales. De ce point de vue-là, nous pourrions, il est certain, entrer en matière», assure François Baerstchi, président du MCG.

Au PS, le ton est plus offensif. Le parti dénonce les dernières mesures d’économies, comme le forfait intégration ou la suppression de l’indexation des subsides d’assurance maladie, et appelle à assumer un déficit plus élevé.
«Il ne faut pas en avoir peur d’un déficit élevé. Il faut un budget qui réponde aux besoins de la population. Il faut un budget aussi qui tienne compte du fait qu'on a une réserve conjoncturelle et de tous ces éléments. Donc n'ayons pas juste une espèce de peur dogmatiquement agitée contre ce déficit, mais répondons à ce à quoi on doit répondre, c'est-à-dire les besoins de la population», affirme le député PS Mathieu Jotterand.

Le spectre des 12èmes provisoires

Une inconnue subsiste: les nouvelles prévisions de rentrées fiscales. Si le projet était à nouveau refusé, la gestion du canton repasserait sous le régime des 12èmes provisoires.

En parallèle, le Conseil d’État attend les conclusions de l’audit interne dirigé par Stanislas Zuin, chargé d’identifier 500millions d’économies dans le fonctionnement de l’État.