Genève

Bug de l’assurance-chômage: les syndicats dénoncent un «FIASeCO»

03.02.2026 18h17 Delphine Palma

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À Genève, syndicats et associations de défense des chômeurs ont manifesté ce midi devant l’Horloge fleurie. Ils dénoncent la gestion par le Seco du bug informatique de l’assurance-chômage, à l’origine de retards de paiement.

Devant l’Horloge fleurie, pas de touristes ce midi, mais une cinquantaine de manifestants. Syndicats et associations de défense des chômeurs ont choisi ce décor de carte postale pour dénoncer une situation qu’ils jugent inacceptable. Discours, pancartes et témoignages ont rythmé le rassemblement, marqué par la colère et l’incompréhension face à la crise provoquée par le nouveau système informatique de l’assurance-chômage.

«Ce système ne peut pas marcher tel qu’il a été conçu», lâche Davide De Filippo, président de la CGAS. Le Seco et sa gestion de la crise sont clairement dans le viseur. «Le Seco a délibérément mis en service ce nouveau système en sachant qu’il y aurait des bugs et des retards», poursuit le secrétaire syndical. Il réclame non seulement des corrections techniques, mais aussi «un moratoire sur les sanctions».

Deux poids deux mesures

Selon les syndicats et leur caisse de chômage, 40 à 50% des demandeurs d’emploi inscrits à Genève n’avaient toujours pas touché leur indemnité fin janvier. Face à cette situation, les associations de défense des chômeurs sont en première ligne. Elles disent faire face à une urgence sociale grandissante, avec des assurés confrontés à des frais de rappel, des menaces de poursuites et une grande détresse. «C’est complètement accablant», témoigne un responsable de l’ADC, l’Association de défense des chômeur-e-s.« On est confronté régulièrement aux attaques de l’OCE sur les usagers pour couper les prestations face aux retard. C’est un deux poids deux mesures absolument révoltant. »

Pression sur le personnel

Les syndicats alertent également sur la pression qui pèse sur les employés des caisses de chômage. Le déploiement du nouveau système entraîne des erreurs et des retards en cascade. «On va devoir délaisser l’ouverture de nouveaux droits pour se concentrer sur les paiements en retard», explique Célia Barrez, co-responsable de la caisse du SIT. Elle redoute déjà des retards pour les indemnités de février.

À Genève, 12’724 personnes étaient inscrites comme chômeuses en décembre 2025, selon les derniers chiffres officiels. De son côté, le Seco affirme que le volume prévu des indemnités a pu être versé malgré les problèmes informatiques, dans un communiqué publié vendredi.