Bug informatique du chômage: la pression politique monte
Depuis plus de deux mois, une panne informatique perturbe le versement des indemnités de chômage en Suisse. À Berne comme à Genève, les élus réclament des mesures urgentes pour soutenir les demandeurs d’emploi. Le Conseil d’État genevois met en avant le renforcement des effectifs et l’octroi d’avances.
Le bug informatique qui bloque le paiement des indemnités de chômage dans toute la Suisse exaspère les élus fédéraux. Plusieurs parlementaires demandent des mesures rapides pour soutenir les personnes en difficulté. À Genève aussi, des députés pressent le gouvernement d’agir.
Des retards qui persistent
Mi-février, plus d’un mois après la panne, le département genevois de l’économie assurait que la situation se normalisait. Malgré l’élargissement des horaires du personnel, plusieurs centaines de nouveaux demandeurs d’emploi restaient alors dans l’attente de leurs indemnités.
Un mois plus tard, selon le syndicat SIT, les difficultés persistent. «La machine continue de mouliner assez fréquemment, où la simple ouverture d'un fichier peut prendre jusqu'à parfois plusieurs minutes, et donc c'est extrêmement problématique. Et évidemment, le personnel des caisses se retrouve aussi dans des situations extrêmement compliquées, où on doit faire les paiements d'un côté et traiter les nouveaux dossiers entrant de l'autre côté, ce qui prend aussi énormément de temps, et en privilégiant l'un, on fait attendre les autres, ce qui ralentit encore», analyse David de Filipo, président co-secrétaire général du SIT.
À Berne, des mesures exigées
À Berne, le ministre en charge du SECO a reconnu ignorer combien de personnes sont encore touchées par la panne. Au 9 mars, 6% des indemnités n’avaient toujours pas été versées. Le retour à la normale est attendu début juin.
Sous la Coupole fédérale, les élus réclament désormais des mesures pour soutenir financièrement les ayants droit. «C'est juste inacceptable. Il y a des mesures temporaires à prendre et il faut mettre en action l’article31 de l’ordonnance sur l'assurance chômage qui permet de faire des avances. On fait des avances aux gens, ils touchent de l'argent et quand ça fonctionnera, on mettra les comptes à jour. Je crois que c'est la solution qu'il faut faire. On ne peut pas laisser tomber les gens comme ça», estime Daniel Sormanni, conseiller national MCG.
Pression aussi à Genève
À Genève, le Grand Conseil s’est également saisi du dossier. Par une motion votée il y a quelques semaines, les députés demandent au Conseil d’État de renforcer les moyens et d’étudier la mise en place de prêts sans intérêts.
«Nous demandons toujours aux autorités cantonales de faire en sorte que tous les moyens soient mis pour accélérer le processus d'octroi des indemnités chômage, de faciliter l'octroi de ces indemnités. Nous demandons par tous les moyens nécessaires, même s'il s'agit d'engager du personnel auxiliaire en plus, s'il s'agit également de renforcer les moyens et les fonds, et également des prêts sans intérêt pour permettre à ces personnes de boucler les fins de mois. Nous demandons au Conseil d'État d'intervenir. Nous sommes en Suisse, à Genève. Il est inadmissible, dans un tel canton, dans un tel pays, de laisser des personnes au bord du chemin», estime Romain de Sainte Marie, député PS.
Des avances déjà accordées
Contacté, le département genevois de l’économie confirme que des retards persistent dans le paiement des indemnités de chômage.
Les délais ont toutefois été réduits grâce à des simplifications administratives et au renforcement des effectifs de la Caisse cantonale genevoise de chômage. Trois nouveaux gestionnaires arriveront en avril et des auxiliaires sont en formation. Depuis début janvier, près d’une centaine d’avances ont été accordées.