Caisse de prêt sur gages: MCG et UDC demandent une enquête pénale
Le rapport de la Cour des comptes sur la Caisse de prêt sur gage suscite de vives réactions à droite. Le MCG appelle à saisir la justice, tandis que l’UDC réclame des remboursements et la révocation des responsables. En face, on dénonce une manœuvre politique et appelle à la retenue — et à une prise de position du Conseil d'Etat.
«Dérives», «grande valse des indemnités»: le MCG charge frontalement la Caisse publique de prêt sur gage (CPPG). Selon le parti, plusieurs éléments relevés par la Cour des comptes — liens d’intérêts, hausse des frais de bouche et indemnités jugées non conformes — pourraient relever du pénal. Le MCG demande aux autorités de prendre leurs responsabilités en saisissant la justice. «Nous demandons au Département des finances d’intervenir afin d’éclaircir tous les éléments très douteux qui se sont déroulés au sein de la caisse», explique le député MCG François Baertschi.
«Ces dysfonctionnements apparaissent aujourd’hui de manière beaucoup plus claire.»
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Le ton est encore plus offensif à l’UDC. Le parti annonce le dépôt d’une motion lors de la prochaine session du Grand Conseil. Objectif: obtenir le remboursement des montants contestés, la révocation des responsables et un examen pénal du dossier. «Face à la gravité des faits, l'UDC Genève interviendra au Grand Conseil pour demander l'examen du dossier sous l'angle pénal, des soupçons sérieux de gestion déloyale ne pouvant être écartés» écrit le parti. Son communiqué s’accompagne d’un visuel qui ne s’encombre pas de nuance.
Mauro Poggia à contre-courant
En face, la défense dénonce une manœuvre politique. L’avocat de l’administratrice déléguée, Lynn Bertholet, n’est autre que Mauro Poggia, figure du MCG — un positionnement pour le moins délicat, mais assumé par le ténor du Parti. «Contrairement aux autres, je connais le dossier et je sais que les accusations portées ne sont pas fondées», balaie-t-il. « On conteste des rémunérations pour un travail dont personne ne nie la réalité, tout en accusant ces personnes d’avoir puisé dans la caisse. C’est intolérable.»
À gauche, silence et prudence
À gauche, le ton est prudent. On ne se bouscule pas pour s'exprimer sur l'affaire et renvoit la balle au Département des finances. Le socialiste Sylvain Thevoz, lui, met en question la responsabilité du Conseil d’État. «La caisse a interpellé le Conseil d’État sur certaines pratiques, sans réponse. S’il y a eu des dysfonctionnements, la question du suivi par l’exécutif se pose », souligne-t-il. «Pointer du doigt des individus sans clarifier le rôle de l’autorité de tutelle appelle à la prudence.»
Prudence également du côté du Conseil d’État. Le Département des finances repousse toute décision avant une «analyse approfondie» du rapport et des contestations de la caisse.