Caisse de prêts sur gages: Lorella Bertani et Lynn Bertholet s’en vont
Dans le viseur d’un rapport accablant de la Cour des Comptes, la présidente et l’administratrice déléguée de la Caisse publique de prêts sur gages (CPPG) ont annoncé leur départ, a appris Léman Bleu.
Fin de partie pour celles qui, bardées d’avocats, clamaient encore haut et fort il y a peu être les victimes d’une cabale et d’un rapport de la Cour des Comptes injustement à charge. Selon nos informations, Lorella Bertani et Lynn Bertholet ont finalement annoncé hier leur intention de démissionner devant le conseil d’administration de la CPPG.
Lynn Bertholet déclare à Léman Bleu: «Au vu des considérations de la Cour des Comptes et considérant que mon engagement et mon travail ne sont pas reconnus comme ils le mériteraient, j’ai préféré passer le témoin à d’autres.» Selon elle, le Conseil d’administration a décidé d’écrire à Nathalie Fontanet, magistrate de tutelle, pour l’inviter à «refuser» sa démission. «Désormais cela n’est plus de mon ressort», conclut-elle.
Le Conseil d’État fait le ménage
Cette mise à l’écart aurait quoiqu’il en soit été prononcée ce matin par le Conseil d’État genevois. Le gouvernement, autorité de tutelle de la Caisse, a en effet annoncé le dépôt d’un projet de loi en ce sens à destination du parlement.
Le texte prévoit la suppression du poste d’administratrice déléguée, jugé confus et générateur de doublons, et la réduction du conseil d’administration de la Caisse publique de neuf à cinq membres, ouvrant de facto la voie au départ de l’équipe actuelle et à un renouvellement du conseil.
Indemnités extraordinaires et recrutements de proches
Au cœur de l’affaire, une série de révélations de Léman Bleu sur les pratiques au sein de la Caisse publique de prêts sur gages et un rapport explosif de la Cour des Comptes rendu à la fin du mois de mars 2026.
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L’enquête des magistrats indépendants de la Cour avait notamment pointé une série d’indemnités extraordinaires perçues illégalement, des frais de bouche et de taxi importants, des jetons de présence perçus à double par d’autres administrateurs, ou encore l’engagement de proches de la direction de la Caisse pour différents travaux et stages rémunérés.
Rendre l’argent ?
Le rapport allait jusqu’à suggérer au Conseil d’État, soit pour lui le département des finances présidé par Nathalie Fontanet, de demander le remboursement de dizaines de milliers de francs de trop-perçus.
En face, la Caisse se défendait en évoquant des dépenses dûment validées par son conseil et des recrutements conformes à la loi. Par ailleurs, deux avis de droit que les mises en cause ont fait rédiger par leurs propres avocats écartaient toute irrégularité dans ce dossier.