Canicule: le 144 face à un afflux d'appels inédit depuis le Covid
Après dix jours de fortes chaleurs, les conséquences sanitaires se font pleinement sentir à Genève. La centrale d'appels sanitaires urgents 144 a enregistré mercredi une activité comparable aux pics de la pandémie de Covid. Enfants, personnes âgées et patients fragiles sont les premières victimes de cette canicule, qui s'annonce déjà plus sévère que celle de l'été 2023.
Depuis une dizaine de jours, les appels arrivent par vagues à la centrale 144 de Belle-Idée. Mais depuis mercredi, un phénomène inquiète particulièrement les équipes: les interventions concernant des enfants se multiplient. L'un des derniers appels provient d'une crèche, où une fillette de 4 ans vient de faire un malaise lié à la chaleur.
Enfants et personnes âgées particulièrement touchés
«On sent une nette progression dans cette typologie d'appel. De plus en plus d'enfants à l'école, d'enfants en crèche, ou des personnes plus âgées, des personnes un peu plus faibles, présentent d'énormes symptômes de déshydratation», explique Maxime, opérateur infirmier au 144.
Les personnes âgées restent elles aussi particulièrement exposées. Une voisine appelle les secours après la chute d'une femme de 83 ans dans son immeuble. Pour les soignants, après plusieurs jours de canicule, les organismes commencent à céder.
«On a l'impression que les patients ont pu compenser pendant les sept ou huit premiers jours, puis ils sont en train de décompenser. Les personnes souffrant d'insuffisance cardiaque ou respiratoire voient leur état se péjorer sous l'effet de la chaleur et doivent désormais être hospitalisées», poursuit l'infirmier.
Un niveau d'activité jamais revu depuis la pandémie
À la centrale 144 de Belle-Idée, les malaises liés à la chaleur représentent désormais plus d'un appel sur deux. Depuis le début de la vague de chaleur, l'activité n'a cessé d'augmenter, avant un véritable bond mercredi: le nombre d'évaluations a progressé de 60% par rapport à une journée habituelle.
«Nous avons dépassé les 400 évaluations de patients en vingt-quatre heures. La dernière fois que nous avions connu un tel niveau d'activité, c'était pendant les vagues de Covid. Même la canicule de 2023 n'avait pas atteint ces chiffres», souligne le Dr Robert Larribau, responsable de l'Unité urgences santé 144 des HUG.
Au total, les ambulanciers sont intervenus à 192 reprises, dont 168 interventions primaires à domicile, conduisant de nombreux patients vers les HUG.
Par sa durée et son impact sanitaire, cette canicule dépasse déjà celle de l'été 2023. Il y a trois ans, le 144 avait enregistré près de 350 appels quotidiens, soit environ 30% de plus qu'en temps normal. Cette fois, les professionnels s'attendent à une nouvelle hausse des hospitalisations dans les prochains jours, le pic des admissions intervenant généralement avec quelques jours de décalage après les fortes chaleurs.