Genève

Carte interactive anti-riches: la CCIG dépose une dénonciation pénale

28.04.2026 18h41 Denis PALMA

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À moins de six semaines du G7 à Évian, les commerçants genevois dénoncent un manque d’informations et redoutent des débordements comme en 2003. Certains prennent déjà les devants pour protéger leurs établissements. La CCIG, elle, passe à l’action sur le plan juridique.

La rue du Rhône et les Rues-Basses restent dans le flou. Aucune consigne officielle n’a encore été transmise aux commerçants du centre-ville. Dans les esprits, le souvenir des violences de 2003 ravive les inquiétudes.

Mesures préventives et silence des enseignes

Face à cette incertitude, plusieurs acteurs s’organisent. Les enseignes de luxe refusent de s’exprimer publiquement. À Rive, McDonald’s devrait instaurer un dispositif renforcé: sécurité accrue, horaires adaptés et protection des vitrines. D’autres commerces pourraient suivre. À la boucherie du Molard, l’option est déjà envisagée. «Nous voulons protéger nos vitrines. Mon responsable qui était au magasin en 2003 l’avait fait. Il s’agirait de mettre des cartons ou des barricades. On ne sait pas encore précisément. Nous sommes inquiet, nous craignons la casse. Que les gens manifestent, pas de problème mais cela ne doit pas se faire au détriment des commerces», explique Charles Champain.

Carte polémique et réaction judiciaire

En parallèle, plusieurs commerces sont ciblés sur une carte interactive publiée sur renverse.co, perçue comme une incitation aux déprédations. Également visée, la Chambre de commerce, d’industrie et des services de Genève a décidé de réagir. Sur recommandation de Carole-Anne Kast, elle a déposé une dénonciation pénale. «Il s’agit à nos yeux de sanctionner toutes celles et ceux qui incitent à la violence publique. C’est le qualificatif de l’article 259 du code pénal. Et selon nous le site en question, et plus particulièrement la carte qui stigmatise des opérateurs économiques dont nous faisons partie, ne doit plus être accessible avec effet immédiat», affirme Vincent Subilia.

Les commerçants attendent désormais des clarifications. Du côté du département de Carole-Anne Kast, la position du Conseil fédéral est attendue la semaine prochaine. Une communication devrait suivre dans la foulée. Une rencontre avec les associations économiques est prévue le 6 mai.