Cherpines: Confignon face au grand saut urbain
Sur une trentaine d’hectares, le futur quartier des Cherpines prévoit 2700 logements à cheval entre Confignon et Plan-les-Ouates. Soutenu de justesse par le Conseil municipal de Confignon, le PLQ est combattu par référendum. Densité, finances, mobilité: le débat est vif à l’approche du 8 mars.
C’est sur ces 30 hectares que doit sortir de terre le deuxième plus grand projet immobilier du canton après le PAV, les Cherpines. Le plan localisé de quartier (PLQ), accepté à une courte majorité par le Conseil municipal de Confignon, prévoit 2700 logements- dont 2300 à Confignon - ainsi que des écoles, des crèches et des infrastructures sportives et culturelles.
Mais le projet suscite une vive opposition. Plusieurs associations d’habitants, le PLR communal et le parti Demain Confignon ont lancé un référendum pour s'opposer au préavis favorable du CMe.
Densité contre emprise au sol
Les opposants dénoncent un quartier financièrement risqué; jusqu’à 100 millions de francs à la charge de la commune pour les infrastructures. Et trop dense. «Dans les îlots de logements, on est à 2,5 de densité, avec des pointes à 2,9. C’est quasiment comme en centre-ville. Est-ce que ce type de projet a vraiment sa place ici, à côté de l’Aire et en pleine campagne?», lance Margareth Robert-Tissot de l'association Sauvegarde de Confignon et environs.
Les partisans répondent que la densité du bâti répond à une logique de préservation de l'espace naturel. À l’échelle de tout le périmètre, l’indice d’utilisation du sol est de 1,2, en tenant compte des routes, du tram et des espaces verts.
Les partis de gauche, les Vert’libéraux et Le Centre défendent un projet qu’ils jugent équilibré. Ils rappellent qu’il est assorti de 15 conditions négociées avec le Canton, notamment une protection renforcée du vallon de l’Aire et une participation financière cantonale pour l’école. «Ces 15 conditions, on ne les a pas inventées. Elles viennent de mois de discussions, d’auditions, d’analyses. C’est ça qui doit garantir que le quartier se fasse correctement», explique Aline Joliat , conseillère municipale Voix de Gauche.
Renégocier ou avancer
En cas de refus le 8 mars, les référendaires espèrent rouvrir les discussions, en s'appuyant espèrent-ils sur un Conseiller d'Etat fraichement arrivé. «On veut un quartier différent, un quartier de notre siècle, qui respecte la nature, l’environnement et des finances saines pour notre commune», affirme Margareth Robert-Tissot.
Les partisans, eux, estiment que le projet est abouti. «C’est quand même quelque chose qui est réfléchi et abouti. Vouloir renégocier, ça va juste décaler le projet dans le temps. Et du coup, ce sont tous ces logements qui ne seront pas construits», répond Aline Joliat.
Le 8 mars, les Confignonnais devront décider de l’avenir de ce morceau de territoire au bord de l’Aire.