Chômage: le nouveau système informatique du SECO continue de provoquer retards et tensions
Des nouveaux chômeurs qui attendent parfois des mois avant de toucher leur première indemnité, et des délais de paiement ralentis pour de nombreux autres assurés: malgré une amélioration générale, les retards provoqués par le nouveau système informatique de l’assurance chômage restent très importants. La caisse du SIT est confrontée à des assurés parfois plongés dans une grande précarité et tente, tant bien que mal, de résorber les retards accumulés depuis janvier.
À la caisse de chômage du SIT, on ne chôme pas justement. Avec une équipe d’une dizaine d’équivalents plein temps, la caisse traite environ 800 dossiers chaque mois. Mais depuis le passage à CIPAC 2.0, de nombreuses opérations administratives prennent beaucoup plus de temps qu’auparavant. «Des tâches simples qui nécessitaient une à deux minutes peuvent désormais demander jusqu’à sept minutes, voire davantage selon les situations», souffle Pierre Linker gestionnaire depuis 30 ans à la caisse de chômage du SIT.
Les gros bugs informatiques du système ont engendré des délais à la chaine depuis janvier. Malgré les efforts des équipes pour absorber le retard, les paiements courants accusent encore un décalage de 10 à 15 jours. Les nouveaux demandeurs d’emploi sont particulièrement touchés. À la caisse du SIT, 53 personnes inscrites depuis mars n’avaient encore reçu aucune indemnité ces derniers jours.
Une situation difficile à gérer pour les collaborateurs, régulièrement confrontés à la détresse ou à la colère des bénéficiaires. «On doit quotidiennement expliquer aux personnes qu’on ne peut pas débloquer leurs paiements immédiatement et que les dossiers doivent être traités dans l’ordre d’arrivée», témoigne Pierre Linker.
Plus de moyens à la CCGC
La caisse cantonale genevoise de chômage (CCGC), qui gère plus de la moitié des demandeurs d’emploi du canton, reconnaît également que CIPAC 2.0 ralentit encore fortement le traitement des dossiers et que le personnel est sous tension. Grâce à l’engagement de personnel supplémentaire, notamment trois nouveaux gestionnaires, elle affirme toutefois parvenir à répondre à toutes les demandes d’avances, soit 183 cas à ce jour.
«Ces renforts visent à permettre aux gestionnaires spécialisés de se concentrer prioritairement sur l’examen des droits, les paiements et les avances. Le SECO a par ailleurs confirmé qu’il prendrait en charge les frais liés à ces coûts supplémentaires», indique le Département de l’économie et de l’emploi.
Demande d'une procédure simplifiée
Du côté des petites caisses, on demande avec insistance au SECO de réintroduire une procédure simplifiée permettant de verser rapidement des avances avant l’établissement formel du droit aux indemnités. Une mesure qui existait sous l’ancien système mais qui n’est aujourd’hui plus possible simplement avec CIPAC 2.0. «Toujours pas de réponse de la part du SECO, alors que c’est une mesure qui permettrait au moins de répondre à la problématique de l’urgence sociale et du stress qui pèse sur le personnel» s’agace Davide de Filippo, co-secrétaire général du SIT.
Le SECO assure pour sa part que les principaux problèmes informatiques ont été résolus et estime que la situation devrait revenir à la normale d’ici l’été.