Genève

Crise du vin: les vignerons saluent les mesures genevoises

26.03.2026 18h34 Denis PALMA

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Face à l’une des pires crises du secteur, le Conseil d’État genevois débloque des aides pour éviter l’arrachage des vignes. Mais la profession attend surtout une action fédérale sur les importations.

Dans un contexte de grave crise du vin en Suisse, les vignerons genevois saluent les mesures annoncées par le gouvernement. Le Conseil d’État prévoit environ 2,5 millions de francs pour entretenir les vignes et éviter leur arrachage. Une bouffée d’oxygène, mais jugée insuffisante sans intervention de Berne.

Une filière sous pression

Concurrence étrangère, coûts élevés et stocks qui s’accumulent: la viticulture suisse traverse une zone de fortes turbulences. À Genève, 15 viticulteurs auraient déjà arraché une partie de leur vignoble. D’autres pourraient suivre d’ici la fin de l’année.

Pour enrayer l’hémorragie, le canton propose une alternative: un soutien de 18’000 francs par hectare et par an pour entretenir jusqu’à 10% des surfaces sans produire de raisin. Une mesure reprise d’un projet de loi PLR.

À l’interprofession, on salue ce double dispositif. «On ne milite pas pour arracher les vignes, on milite parce qu'il y a des collègues qui n'ont pas le choix. Ces gens, il faut les aider. Et nous, comme interprofession, notre responsabilité, c'est de répondre à la crise. On a besoin de maintenir le vignoble, mais temporairement il faut le restructurer en attendant des mesures fédérales sur les importations», souligne Lionel Dugerdil, député UDC et membre du comité.

L’attente d’un signal de la Confédération

Début mars, les vignerons encaveurs ont manifesté sur leurs tracteurs pour exiger une baisse des contingents d’importation. Si les aides cantonales sont bien accueillies, l’arrachage reste massivement rejeté.

«Les vignes, c'est un investissement important. Un hectare coûte environ 100’000francs à installer. Aujourd'hui, on propose 10’000 à 12’000francs pour arracher, c'est ridicule», dénonce Willy Cretegny, président de l’Association suisse des vignerons-encaveurs indépendants.

Le gouvernement genevois a en parallèle demandé 2,3 millions de francs supplémentaires pour 2026, en plus de 1,2 million pour l’arrachage temporaire et 600’000 francs pour la promotion dans la restauration. En régime des douzièmes provisoires, le dossier doit encore passer la commission des finances.

Sur le terrain, la profession reste suspendue à une décision de Berne sur les importations de vins étrangers, considérée comme la clé pour sortir durablement de la crise.