Genève

DNC: les éleveurs genevois craignent d'être encore privés des pâturages français en 2027

13.10.2026 16h20 Delphine Palma

vache

Les bovins genevois pourront-ils retourner paître en France voisine l’été prochain? Après l’arrêt de la vaccination en Suisse, le décalage avec le calendrier français inquiète AgriGenève. L’OSAV reconnaît que les conditions pour 2027 ne sont pas encore fixées.

Les vaches genevoises pourront-elles à nouveau goûter à l’herbe de France voisine l’été prochain? Depuis ce printemps, les troupeaux du canton n’ont plus le droit de franchir la frontière en raison de l'épidémie de dermatose nodulaire contagieuse côté francais. 

Une nouvelle incertitude s’ajoute désormais: la Suisse a arrêté sa campagne de vaccination au 30 septembre, alors qu’en France elle se poursuit jusqu’à la fin de l’année dans les régions concernées.

Un calendrier différent de part et d’autre de la frontière

Pour Patricia Bidaux, présidente d’AgriGenève, ce décalage pose directement la question de l’accès aux pâturages français en 2027 à cause d'une probable protection vaccinale décalée. « On ne sait pas aujourd’hui si, avec le délai de couverture qui n’est pas identique, les vaches suisses pourront se rendre sur les pacages en France.»

L’inquiétude concerne aussi les animaux qui naîtront entre les deux échéances. «Nous, on a des veaux qui vont naître entre le 30 septembre et le  31 décembre. Il va se passer quoi avec ça? L’inquiétude, elle est là», poursuit Patricia Bidaux.

Elle redoute un scénario où la Suisse autoriserait les déplacements, sans que la France ouvre pour autant sa frontière aux troupeaux genevois. «Ce que je crains aujourd’hui, c’est que la Suisse dise: nous, on vous a autorisés, c’est tout bon. Malheureusement, la France ne vous autorise pas à monter.»

L’OSAV ne peut pas encore trancher

À Genève, une cinquantaine d’exploitations détiennent près de 3000 bovins. Une quinzaine d’éleveurs font habituellement estiver leurs troupeaux en France voisine.

Contacté, l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) confirme que les calendriers sanitaires seront différents entre la Suisse et certaines régions françaises. Il précise toutefois que ce décalage ne signifie pas automatiquement que les mouvements de troupeaux seront interdits. Sur la question centrale, aucune réponse définitive pour l’instant. «Les conditions exactes qui seront en vigueur pour le pacage franco-suisse 2027 dépendront principalement de la situation épidémiologique au printemps prochain. Des échanges sont en cours avec les départements français concernés afin d’harmoniser le trafic animal transfrontalier pendant l’été 2027 et préciser notamment les éventuelles exigences de vaccination», indique l’OSAV.

La crainte de nouveaux surcoûts

Même si le passage est finalement autorisé, une autre inquiétude demeure: celle des coûts.

Cette année, l’interdiction a obligé certains éleveurs à trouver d’autres pâturages en Suisse, à acheter davantage de fourrage ou à adapter leur organisation. «On a eu une aide de l’État de Genève et on peut remercier l’OCAN d’avoir fait ce geste. Et maintenant, on vient nous dire que peut-être il y aura encore des frais l’année prochaine. On est en train de nous mettre sous l’eau et ça, ce n’est pas possible», dénonce Patricia Bidaux.

L’OSAV assure que les éleveurs seront fixés suffisamment tôt pour préparer la prochaine saison, sans toutefois avancer de date précise.