Genève

Débat: interdire ou non la manifestation No-G7?

13.05.2026 19h54 Rédaction

Débat

À l’approche du sommet du G7 prévu en juin à Genève, la tension politique monte autour de l’organisation d’une manifestation anti-G7 annoncée pour le 14 juin. Entre défense des libertés fondamentales, inquiétudes économiques et impératifs sécuritaires, les autorités genevoises se retrouvent sous pression.

Deux députés du Grand Conseil ont confronté leurs visions : Jean-Pierre Pasquier, député PLR, et Matthieu Jotterand, chef de groupe socialiste.

Une communication du gouvernement jugée insuffisante

Jean-Pierre Pasquier a vivement critiqué la prise de parole du Conseil d’État, qu’il juge floue et tardive. Selon lui, les entreprises comme les commerçants attendent depuis plusieurs mois des réponses concrètes concernant les restrictions, la sécurité et les éventuelles compensations économiques.

Il dénonce une communication hésitante, sans décisions claires, alors que l’événement approche rapidement.

À l’inverse, Matthieu Jotterand salue le travail en cours du gouvernement et rappelle que l’enjeu principal reste l’accueil de sept chefs d’État parmi les plus grandes puissances mondiales. Il estime que la préparation sécuritaire globale dépasse largement la seule question de la manifestation.

Faut-il interdire la manifestation anti-G7 ?

C’est le point central du débat. Pour Jean-Pierre Pasquier, tous les éléments sont réunis pour que la situation dégénère. Il appelle à une interdiction temporaire et ciblée des manifestations pendant la période du sommet. Le PLR soutient d’ailleurs une session extraordinaire du Grand Conseil prévue le 28 mai ainsi qu’un projet de loi allant dans ce sens.

Selon lui, Genève ne doit pas devenir le théâtre de violences urbaines ou de débordements provoqués par des groupes radicaux venus de l’étranger.

Matthieu Jotterand défend au contraire le maintien du droit de manifester. Il estime qu’autoriser la mobilisation permettrait précisément de mieux l’encadrer : définir un parcours, organiser les forces de l’ordre, dialoguer avec les organisateurs et limiter les risques.

À ses yeux, une interdiction provoquerait l’effet inverse : manifestations sauvages, tensions accrues et arrivée de groupes violents incontrôlables.

Les commerçants inquiets pour leur activité

Les représentants du commerce genevois ont également fait entendre leurs préoccupations. La fermeture de certains postes-frontières, les restrictions de circulation et la recommandation du télétravail font craindre une baisse importante de fréquentation dans les magasins, cafés et restaurants.

Plusieurs acteurs économiques demandent des mesures de soutien ou des indemnisations si l’activité venait à chuter durant les jours du sommet.

Ils regrettent également l’incertitude actuelle, qui les empêche de se préparer efficacement.

Un Conseil d’État sous forte pression

Pour Matthieu Jotterand, le gouvernement tente de trouver un équilibre délicat entre libertés publiques, sécurité et intérêts économiques. Il accuse la droite de mettre la pression politique sur l’exécutif.

Jean-Pierre Pasquier estime au contraire que le Conseil d’État n’est pas à la hauteur des enjeux et tarde à prendre les décisions nécessaires.

Décision attendue dans les prochains jours

Le Grand Conseil devra se prononcer le 28 mai sur une possible restriction temporaire du droit de manifester pendant la période du G7.

D’ici là, le débat devrait encore se durcir. Genève se retrouve face à un dilemme sensible : garantir la sécurité d’un sommet international tout en respectant les libertés démocratiques.