Déménagement de Quai 9: un collectif des Grottes réclame un moratoire
Le projet de déménagement de Quai 9 continue de susciter le mécontentement. Après les Jardins de Montbrillant, contraints de quitter le quartier, un collectif d’habitants des Grottes monte à son tour au créneau, révèle Le Courrier. Baptisé «Le Cri des Grottes», il lance une pétition pour demander un moratoire sur le transfert envisagé de la structure d’accueil pour toxicomanes.
Situé derrière la gare Cornavin, Quai 9 doit être déplacé d’une centaine de mètres dans les locaux des Jardins de Montbrillant, où des repas sont actuellement servis chaque jour aux personnes précaires. Un projet qui provoque de fortes réactions dans le quartier des Grottes.
Créé il y a un mois par Inès Hoffmann, le collectif «Le Cri des Grottes» réunit habitants, commerçants et associations du quartier. Ses membres dénoncent l’absence de concertation autour du projet. «Les habitantes ainsi que les commerçantes et associations n'ont pas du tout été intégrées dans le processus de concertation. C'est une décision qui a été prise par les autorités alors que cela concerne directement notre quartier», estime Inès Hoffmann.
Le collectif critique également le manque d’étude d’impact. «Aujourd'hui, Quai 9 ne répond plus aux besoins des usagers et usagères. Depuis l'arrivée du crack, la situation a complètement changé», ajoute-t-elle.
Le débat sur une décentralisation relancé?
Le collectif ne remet pas en cause l’existence de Quai 9, mais souhaite ouvrir le débat sur une décentralisation des dispositifs d’accueil, à l’image de modèles mis en place dans des villes comme Zurich, Amsterdam ou Vancouver.
«Quai 9 fait partie de la solution, mais ce n’est pas la seule réponse possible. Il faut un maillage territorial avec plusieurs centres pour répondre à une demande toujours plus importante, tout en permettant au quartier des Grottes de retrouver une qualité de vie», défend Inès Hoffmann.
L’association Première Ligne, qui gère Quai 9, s’oppose en revanche à toute idée de moratoire, tout en laissant la porte ouverte à une réflexion plus large sur l’accueil des personnes toxicodépendantes.
«Là où je ne suis pas forcément d’accord, c’est sur l’idée d’un moratoire qui reviendrait à tout arrêter pour recommencer toute la réflexion. Ce travail existe depuis longtemps et doit continuer à avancer», souligne le directeur de Première Ligne, Thomas Herquel.
«En revanche, intégrer les problématiques soulevées dans la pétition et réfléchir à une meilleure répartition des structures d’aide sur l’ensemble du canton me paraît important», ajoute-t-il.
Une concertation lancée avec les riverains
Face aux critiques, les autorités cantonales et municipales indiquent avoir rencontré cette semaine des riverains ainsi que des représentants associatifs du quartier afin d’entamer une concertation spécifique sur les futures modalités d’exploitation du site.
Le déménagement de Quai 9 est prévu à l’horizon 2030.