Genève

Dernière ligne droite serrée pour l'initiative SSR

04.02.2026 18h33 Julie Zaugg

RTS

La campagne sur l’initiative SSR a commencé. Pour ou Contre la baisse de la redevance à 200 francs pour le service public ? Le peuple suisse se rendra aux urnes le 8 mars ; il mettra ainsi un terme a un suspens parfois pesant. Les premiers sondages montrent que tout se jouera dans un mouchoir de poche. 

Des résultats annoncés au coude-à-coude. L’initiative SSR fait partie de ces votations pour lesquelles certains retiennent leur souffle. Chez les partisans d’une baisse du prix de la redevance, les arguments portent tant sur la qualité que la quantité des programmes. L’un à revoir à la hausse, l’autre à la baisse. Et pour le camp du oui, 200 francs semble un bon compromis: «La seule solution actuellement pour que la SSR se recentre sur sa mission de base -l'information d'intérêt public- et aussi pour qu'elle abandonne ses biais politiques; il faut lui lancer un signal fort, c'est pour ça que baisser la redevance à 200 francs, ça permettra au moins ça», estime le journaliste et rédacteur en chef du Regard Libre, Jonas Follonier. 

Un côté sanction assumé et, derrière lui, la volonté de pousser la SSR à se réinventer et redimensionner son offre. Le sondage de gfs.bern pour la SSR paru le 30 janvier montre que l’initiative pourrait être rejetée à une très courte majorité: 52% de contre et plutôt contre, 46% de oui et plutôt oui. Elle serait également plus suivie en suisse alémanique et italienne qu’en suisse romande. Le sondage réalisé par Tamédia montre en revanche un petit oui avec 50% d’intention de vote favorable et 48% contre. Autant dire que la course s’annonce très serrée pour le mois à venir. 

Se poser les bonnes questions

En face, les acteurs de l’audiovisuel, la culture et les syndicats maintiennent globalement un «Non» ferme à l’initiative. Ils estiment que la réduction de la redevance représente une menace pour tout un tissu économique. «Détruire un écosystème, des milliers d'emplois et de savoirs-faire parce qu'on considère, à tort ou à raison, que la SSR est trop à gauche, à droite, woke ou anti-woke...?  C'est manipulateur et surtout dangereux au niveau démocratique!» lance la productrice Pauline Gygax. 

Alors, 335 francs comme le prix actuel, 300 comme proposé par le conseil fédéral ou 200? Le prix a-t-il vraiment son importance? Pour Patrick Nussbaum, ancien directeur de l'information à la RTS, on se pose les mauvaises questions. «La question fondamentale aujourd'hui devrait être "quel type de gouvernance pour obtenir la meilleure efficacité?", est-ce que ce sont des entreprises qui ont une administration beaucoup trop grande, qui  peu à peu bride la créativité? Moi j'en appelle plutôt à un choc de simplification, pour augmenter la qualité de cette entreprise tout en lui laissant les moyens», nous dit-il. 

Une remise en cause, oui, mais le prix à payer se résumera-t-il uniquement à la redevance? Le peuple se prononcera le 8 mars.