Derrière des palissades, derniers avertissements du Conseil d’État avant le G7
C’est dans un bâtiment protégé par des barricades que le Conseil d’État a fait ses dernières annonces. Si les organisateurs de la manifestation sont parvenus à un accord sur le tracé avec le Conseil d’État, la police aussi sera sous la loupe. Des observateurs vaudois rendront compte des événements.
Même l’État se barricade. A J-4 du Sommet du G7, les bâtiments de la rue de l’Hôtel-de-Ville revêtent des armures en bois, comme les commerces. De quoi alimenter les doutes de la population quant à la sécurité de la manifestation, dimanche. «Bien sûr que je comprends, réagit Anne Hiltpold, présidente du Conseil d’État. Je pense qu'il faut distinguer de quel bâtiment de l'État on parle. C'est-à-dire qu'on parle de l’Hôtel des finances, qui est quand même un bâtiment qui a été visé en 2003, on parle de bâtiments de l'État, de conseillers d'État, de départements et de bâtiments dans lesquels, si les vitrines ou fenêtres étaient cassées, on pourrait rentrer. Et c'est ça qui a justifié le fait qu'on mette des protections.»
Ponts sous contrôle policier
Pourtant, le cortège aura bien lieu Rive droite. Le Conseil d’État et NoG7 sont parvenus à un accord sur un tracé légèrement modifié, ainsi que sur les horaires: rassemblement autorisé dès 15 heures au parc Mon Repos et clap de fin à 22 heures 30. Le défilé empruntera ensuite le quai Wilson, le quai du Mont-Blanc, la rue des Alpes, la rue de Chantepoulet, la rue de la Servette, la rue Louis-Favre, la rue du Grand-Pré, l’avenue Giuseppe-Motta, la place des Nations et l’avenue de France, avant de revenir au parc Mon Repos. Le pont du Mont-Blanc sera fermé et les autres ponts, sous contrôle des policiers pour éviter le passage des manifestants sur la Rive gauche.
Les policiers, d’ailleurs, seront eux aussi surveillés. Le Conseil d’État a accueilli favorablement la présence d’observateurs vaudois, du Centre pour l’action non violente (CENAC). Une trentaine de personnes va donc documenter le déroulement de la manifestation: «Les observateurs sont un élément pacificateur, explique Carole-Anne Kast, conseillère d’État. Ils ne sont pas là pour contrôler la police plus que les manifestants. Ils sont là pour véritablement documenter, examinateur et sont un moyen de renforcer la confiance des citoyens et des manifestants envers la police puisque tout le monde joue carte sur table. Ce ne sont pas des médiateurs, ce ne sont pas des relais, ce ne sont pas des avocats, ce sont des observateurs et ils établissent un rapport qui est public.»
«C’est vraiment notre appréciation sur le terrain»
En cas de violence des manifestants eux-mêmes, la police est renvoyée à ses responsabilités en vertu de sa doctrine d’engagement, celle du Groupement latin de sécurité publique et de maintien de l’ordre: «Si ça se passe bien, c'est le dialogue, explique Monica Bonfanti, commandante de la police. C'est toujours la première arme. Ensuite dissuasion, si en fait on voit que les choses ne se passent pas très bien. Puis après on va sur la défense avec l'utilisation notamment de lacrymogènes. C’est vraiment notre appréciation sur le terrain.» Les policiers porteront un identifiant spécifique, combinant couleur, lettre et numéro, mais distinct du numéro de matricule.
Les festivités pourraient déjà débuter vendredi. Un appel à un rassemblement place des Grottes circule sur les réseaux sociaux. Cette rencontre des adeptes du vélo, baptisé Critical Mass, s’offre cette fois une version No-G7. La conseillère d’État a rappelé qu’il était interdit et que la police interviendra.