Des figures du théâtre européen volent au secours de Séverine Chavrier
Dans une lettre ouverte, des responsables culturels de toute l'Europe s’indignent du renvoi de la directrice de la Comédie. Ils évoquent de possibles répercussions sur les collaborations internationales pour la Comédie.
Le Conseil administratif de la Ville de Genève a reçu une lettre munie d’illustres signatures. Plus de 45 directeurs et directrices de théâtres, festivals et institutions culturelles des quatre coins de la France et au-delà, de Berlin à Zagreb, de Bruxelles à Barcelone en passant par Vienne et Lisbonne, voient rouge. Ils interpellent les autorités de la Ville ainsi que la Fondation d’art dramatique (FAD) dans une lettre au ton accusatoire. Parmi d’autres personnalités, on peut citer Milo Rau, Artiste-Intendant Freie Republik Wiener Festwochen, Eugénie Tesson, directrice de la programmation et de la production Odéon - Théâtre de l'Europe, ou encore Anne Bisang, directrice du Théâtre populaire romand.
Ces artistes dénoncent le licenciement de Séverine Chavrier, «injustement bannie du théâtre qu’elle dirige, dans l’impossibilité de programmer, de produire et de créer. Ces interdictions dictées par le syndicat constituent non seulement une entrave à ses missions de directrice, mais un acte extrêmement grave de censure de son travail d’artiste», écrivent-ils. Ils font ici référence au rapport de la Commission des arts et de la culture (Carts) du Conseil municipal, paru vendredi dernier, démontrant le rôle du syndicat externe et de la commission du personnel dans les accusations qui ont conduit à l'éviction de la directrice.
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Au-delà du cas individuel, ils préviennent des répercussions possibles de cette histoire sur les collaborations internationales: «Nous sommes profondément préoccupés par les conséquences de cette affaire sur nos relations futures avec la Comédie de Genève. La confiance, indispensable à toute coopération artistique internationale, se trouve aujourd’hui gravement fragilisée.» Partant, ils appellent à la «réhabilitation» de Séverine Chavrier et à faire toute la lumière sur cette affaire.
Les signataires pointent un «acharnement politico-judiciaire». La France et désormais l’Europe découvrent avec stupéfaction une affaire genevoise hautement politisée. Le sujet devrait être à l’ordre du jour du Conseil administratif, demain mercredi.
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