Genève

Droits humains: un nouvel acteur à Genève pour redonner un souffle

15.04.2026 14h39

Droits humains: un nouvel acteur à Genève pour redonner un souffle

Le directeur du nouveau Geneva Human Rights Hub (GHRH) Felix Kirchmeier veut améliorer la connexion entre les différents acteurs de l'écosystème lié aux droits humains.

Photo: KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI

Certains Etats ne se retrouvent plus dans le fonctionnement actuel des mécanismes onusiens des droits humains. Un nouveau centre, le Geneva Human Rights Hub (GHRH), vient d'être lancé pour aider à redonner un souffle à ceux-ci, là où l'ONU ne peut avancer sans mandat.

Financée pour moitié par le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) pour des projets, cette entité de quatre collaborateurs a démarré ses activités début janvier. Une arrivée à contre-courant, alors que l'ONU fait face à une crise de liquidités, y compris sur les droits humains.

Au centre des préoccupations du nouveau centre figure la myriade de comités et mécanismes techniques qui évaluent ces droits dans le monde depuis Genève. Or, la durée entre des rapports présentés par les Etats et leur audition ne cesse d'augmenter, parfois huit ans. Et les différents mandats onusiens oeuvrent séparément plutôt qu'en synergies.

'Les Etats ne sont plus aussi prêts à financer ce système', explique mercredi à Keystone-ATS le directeur du GHRH, Felix Kirchmeier. 'Même les plus bienveillants', selon lui.

Comme ces organes ne peuvent changer 'immédiatement' la donne dans un pays, mais ont un rôle préventif, 'leur utilité est de plus en plus remise en question'. Pourtant, même les Etats-Unis, qui boycottent le Conseil des droits de l'homme, s'engagent encore auprès de certains de ces comités plus techniques.

'Facilitateur'

Des discussions sur les réformes ont lieu depuis des années mais l'ONU est bloquée tant qu'elle n'a pas de mandat. 'Nous oeuvrons comme un atelier pour explorer de nouveaux modes opératoires, de nouveaux instruments', selon M. Kirchmeier.

Le Hub veut en particulier renforcer le suivi des recommandations faites aux Etats. Notamment en regroupant et en décentralisant des réunions dans les différentes régions.

Et le GHRH veut montrer les bonnes pratiques de plusieurs pays en développement qui ont numérisé ces préconisations, pour inspirer d'autres Etats. En facilitateur, il souhaite aussi aider, grâce à des partenariats avec des scientifiques et des ingénieurs, à accéder plus facilement aux plateformes qui rassemblent les recommandations.

Intérêt local en Suisse également

Il veut aussi améliorer la connexion entre les différents acteurs sur les droits humains. En juin, il réunira avec la Suisse des Etats, des présidents de comités onusiens et la société civile au Rigi (LU).

De nombreuses collectivités locales et régionales, souvent en première ligne pour appliquer les recommandations, demandent à être associées ou à pouvoir influencer les auditions de leur pays, fait remarquer le directeur du GHRH. Notamment aux Etats-Unis, depuis que l'administration de Donald Trump a décidé en novembre dernier de boycotter son examen par les autres pays en termes de droits humains.

En Suisse aussi, 'il y a un potentiel', ajoute M. Kirchmeier. Des villes comme Genève annoncent leurs avancées sur les Objectifs de développement durable (ODD). Et certains cantons sont plus avant-gardistes que le Conseil fédéral sur quelques composantes des droits humains.

/ATS