Face aux cambriolages, Vandoeuvres sort le porte-monnaie
La commune va subventionner certaines installations de sécurité chez ses habitants. D’autres projets sont à l’étude. Mais les élus appellent Carole-Anne Kast à agir.
Chez Frédéric Lefebvre, habitant de Vandoeuvres, on se souvient encore de cette nuit: «Ma femme et les enfants étaient à l'étage, j'étais en train de fermer et de ranger. Et à un moment, je regarde dans le jardin et les lumières s'allument et je vois un homme qui était là et qui se promenait dans le jardin certainement pour faire du repérage. On est équipé quand même, avec des détecteurs de présence devant et derrière la maison, avec des lumières qui s'allument, avec des caméras et des chiens. Et malgré ça, rien ne les arrête.»
S’il n’a pas été volé, ses voisins l’ont été par le passé. Par la suite, sa femme a créé un groupe WhatsApp entre habitants. Aujourd’hui, il constate une amélioration: «On a vu une explosion post-Covid. On a eu beaucoup de voisins qui ont été cambriolés ces 2-3 dernières années. Il y a eu un pic l'année dernière en 2025, au mois de juillet. La commune a très vite réagi et heureusement, elle a mis en place des patrouilles avec une société privée. Ça a rassuré les gens et ça a fait baisser le nombre d'événements.»
Après cette patrouille de sécurité qui circule les soirs et week-ends, un projet de 40 caméras est en cours de finalisation. Et ce n’est pas tout: elle va désormais subventionner les équipements de sécurité privée. Si les conditions doivent être affinées, 150 foyers pourront en bénéficier cette année à hauteur de 1000.- maximum.
«Idéalement, on ne devrait pas avoir à faire tout ça, explique Maximilien Turrenttini, conseiller administratif. Malheureusement, si les communes doivent se substituer et agir afin d'essayer de faire en sorte que la situation soit meilleure, on se doit de le faire.» Pour l’élu, la conseillère d’État Carole-Anne Kast doit prendre position. «Le canton a tout intérêt à collaborer avec nous. Ça peut être par le biais de compétences supplémentaires pour les communes, mais à minima un travail ensemble, une remise en question de la police de proximité, de ses missions, et en tout cas pas la fermeture de postes de police ou de baisses d'effectifs.»
Une rencontre avec la conseillère d'État prévue
À ce propos, une pétition vient d’être lancée pour ouvrir le commissariat de la Pallanterie 24h/24, 7 jours sur 7, alors qu’il ferme à 18h30 actuellement et n’est pas ouvert le dimanche. À Corsier aussi, on demande plus de présence face au sentiment d’insécurité: «Notre proximité avec la frontière fait qu'en plus des gros axes routiers, comme je disais, qui passent sur notre commune, font qu'on ait en fait un passage obligatoire, glisse David Berreby, conseiller administratif. La semaine dernière, on a eu deux accidents sur la route de Thonon et une course-poursuite. C'est primordial de sécuriser cette zone. On a la chance d'avoir un poste de police à la Pallanterie et je pense qu'il est sous-utilisé. On devrait avoir la possibilité d'avoir des patrouilles préventives un peu plus souvent.»
La commune de Corsier étudie l’installation de caméras de vidéosurveillance, veut revoir l’éclairage public et envisage une subvention similaire à celle de Vandoeuvres. Quant à l’action du canton, les élus corsierois doivent rencontrer Carole-Anne Kast ce vendredi.