Fondation d’art dramatique: Lorella Bertani démissionne
La Fondation d’art dramatique (FAD), chapeautant notamment la Comédie de Genève, annonce par communiqué de presse la démission pour fin février de plusieurs membres de son Conseil, dont la présidente Lorella Bertani et la vice-présidente Anne-Marie Gisler.
L'annonce de ces départs plutôt précipités s'inscrit dans un contexte tempétueux et de conflit ouvert entre la FAD et la directrice de la Comédie Séverine Chavrier, qui conteste sa non-reconduction pour un mandat supplémentaire à la tête de l'institution théâtrale genevoise.
Le communiqué, laconique et non-signé, évoque des «raisons personnelles différentes» pour justifier ces départs. La présidente et la vice-présidente ont fait part lundi de cette décision avec effet quasi immédiat, soit pour la fin du mois de février. Une véritable décapitation qui serait accompagnée d’autres départs, dont celui de la représentante du Parti socialiste a appris Léman Bleu, non confirmés pour l’heure par la FAD.
Le calendrier de cette annonce coïncide aussi avec le processus de recrutement de la future direction de la Comédie, censée entrer en fonction dans une année, qui sera mené par une nouvelle équipe à la tête de la fondation.
Fondation critiquée
Ces annonces s’inscrivent dans un contexte tempétueux pour la fondation chapeautant la Comédie et le Poche, très critiquée pour sa gestion de l’affaire Séverine Chavrier, entre communication lacunaire, volte-faces et décisions perçues comme incohérentes.
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Depuis octobre, la directrice de la Comédie est visée par des accusations de management autoritaire de la part de plusieurs collaborateurs anciens comme actuels, notamment relayées dans des enquêtes de la Tribune de Genève et de la RTS.
Des accusations contestées par la directrice, qui bénéficiait alors d’un fort soutien de sa présidente Lorella Bertani et de sa magistrate de tutelle en ville de Genève Joëlle Bertossa.
Directrice de la Comédie écartée
Mais rapidement, le vent a tourné pour la directrice. Deux audits, l’un de gouvernance et l’autre portant sur le climat de travail étaient lancés en octobre et novembre par la FAD et confiés à différentes instances, dont la Cour des Comptes.
Avant même les conclusions de ces travaux, encore à ce jour inachevés, la FAD décidait d’éloigner Séverine Chavrier de son théâtre et de lui retirer ses tâches opérationnelles tout en la maintenant directrice artistique.
En fin d’année, cette même fondation annonçait la non-reconduction de Séverine Chavrier pour un deuxième mandat censé démarrer en 2027.
Bras de fer judiciare
Des décisions attaquées par la principale intéressée, désormais défendue par l’avocat Me Romain Jordan, brandissant la menace d’actions judiciaires.
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Sollicité, l'avocat genevois réagit: «Il faut que cette démission, dont nous prenons acte, soit l’occasion d’un nouveau départ pour la Comédie, magnifique institution portée admirablement par ma mandante jusqu’à ce qu’on l’en écarte à tort. Jamais le taux de fréquentation et le niveau de satisfaction des publics n’a été aussi élevé, avec de nombreux acteurs locaux engagés, avec une montée en puissance prévue. Ma mandante souhaite pouvoir retourner au plus vite dans le théâtre, sur des bases sereines, et fait un appel à la concorde.»