G7: Chancy sera enclavée par la fermeture des frontières
L’organisation du sommet du G7 ne va pas seulement impacter le centre-ville de Genève. Dans les communes situées à la frontière, la fermeture des douanes secondaires inquiète aussi fortement habitants, commerçants et agriculteurs. À Chancy, plusieurs secteurs redoutent déjà les conséquences concrètes des restrictions prévues du 12 au 18 juin.
À Chancy, la fermeture de deux petites douanes va compliquer le quotidien de certains exploitants agricoles.
Arnaud Carrel, éleveur d’une centaine de vaches déjà touchées par les restrictions liées à la dermatose nodulaire contagieuse, devra parcourir près de 30 kilomètres au lieu d’un seul pour récupérer son foin dans ses champs situés en France, où il fait habituellement paître son bétail. Une situation qu’il qualifie de «double peine».
«On peut aller travailler, mais en passant par la douane de Ferney ou alors de Perly, on perd un temps considérable. Le coût en carburant ne se justifie pas. Donc on va être contraints de garder l’herbe sur pied, qui va perdre de sa qualité et impacter économiquement le prix de la viande.»
Comme d’autres agriculteurs, il estime que le monde agricole est laissé de côté par les autorités.
«On prévoit un budget de 6 millions pour remplacer des vitrines en cas de déprédations en centre-ville. Et puis pour l’agriculture, on demande des dérogations, mais il n’y a rien qui se fait. On demande des indemnisations, malheureusement il n’y a rien non plus. J’ai l’impression qu’on nous exclut de ce système.»
Les stations-services craignent un manque à gagner
Les stations-services redoutent, elles aussi les conséquences des fermetures de frontières secondaires. À Chancy, elles dépendent largement de leur clientèle frontalière, attirée notamment par des prix plus avantageux sur l’essence ou les cigarettes.
« On aura un gros manque à gagner parce que la plupart de nos clients sont des frontaliers. Je dirais même un pourcentage très élevé. On a très peu de clients qui sont de Chancy », explique Sabrina, employée de la station Shell de Chancy.
Les écoles également touchées
Les conséquences pourraient aussi se faire sentir dans les écoles de la commune. Plusieurs élèves vivent en France voisine avec leurs familles et traversent quotidiennement la frontière pour venir en classe.
Xavier Beuchat, conseiller administratif de Chancy et enseignant, s’inquiète des perturbations à venir.
« L’école primaire de Chancy accueille un bon nombre d’enfants dont les parents vivent en France. Pendant cette période-là, il faudra certainement trouver des lieux d’hébergement en Suisse parce que la frontière sera fermée. »
Certaines sorties scolaires prévues de longue date devront également être annulées ou fortement adaptées, notamment au Cycle du Vuillonnex à Confignon.
Un village presque sans voitures pendant six jours
Le G7 pourrait toutefois avoir un effet inattendu pour les habitants de Chancy: pendant six jours, la circulation devrait quasiment disparaître du village.
Une situation qui réjouit déjà certains habitants et pourrait offrir un rare moment de calme aux piétons et cyclistes.