G7 à Évian: Berne paiera 80% des coûts de sécurité, Genève reste prudente
La Confédération prendra en charge l’essentiel du dispositif sécuritaire du sommet du G7 en juin. Une décision saluée à Genève, malgré des incertitudes sur la facture finale et la participation française.
L’information est tombée hier: la Confédération financera 80% des coûts du dispositif sécuritaire du G7 prévu à Évian. À Genève, les députés saluent un soutien jugé rassurant pour les finances cantonales, tout en pointant des zones d’ombre, notamment sur la capacité de la France à assumer sa part.
Sécurité renforcée et doutes persistants
Le Conseil fédéral qualifie le sommet d’«événement extraordinaire», avec au moins 2000 militaires en appui aux polices genevoises, vaudoises et valaisannes. L’enveloppe fédérale couvre les indemnités des policiers et pourrait aussi inclure les frais de repas, de logement et autres dépenses connexes, précise le DFAE.
La France s’est engagée à contribuer, comme lors du G8 en 2003, où elle avait versé 18millions de francs, contre 40millions pour la Suisse, selon la Tribune de Genève. Mais le souvenir des violences reste vif. Malgré les restrictions annoncées, la mobilisation du 14juin inquiète toujours le Grand Conseil.
Le MCG exige des garanties de la France
«Nous estimons que nous devons demander des garanties parce que cela peut occasionner ce G7 pour Genève des frais conséquents à plusieurs dizaines de millions de francs, estime le président du MCG François Baertschi. C'est pour cela que nous proposons que le canton de Genève, qui verse chaque année 400 millions à la France, prenne une garantie de 30 millions de francs.»
Liberté et justice sociale salue la prise en charge à 80%, tout en réclamant des clarifications.
«Lors du sommet Biden-Poutine, la Confédération n'avait pas payé les toilettes provisoires mises à disposition des policiers. Tout se joue dans les détails. Ils annoncent 80%, mais on ne sait pas sur quels frais exactement», relève le député LJS Laurent Seydoux.
Malgré plusieurs interventions parlementaires, les incertitudes persistent.
«On ne sait toujours pas quel sera le périmètre des manifestations. Est-ce qu'il y aura une interdiction totale? La seule décision claire, c'est celle de Marie Barbey-Chappuis, qui a interdit toute manifestation au parc des Bastions», relève le député du Centre Jean-Marc Guinchard.
Les tensions montent encore avec la diffusion en ligne d’une carte des multinationales à Genève par le site renversée.com, présentée comme une «carte au trésor» comme autant de cibles potentielles à atteindre pour marquer les esprits lors du G7 en juin prochain.