Genève

G7 à Évian: élus et commerçants craignent un scénario G8

12.03.2026 18h34 Denis PALMA

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À trois mois du sommet du G7 à Évian, l’inquiétude grandit à Genève. Marqués par les violences du G8 de 2003, élus et commerçants réclament davantage d’informations sur le dispositif de sécurité prévu autour de cette rencontre internationale.

À trois mois du sommet du G7 à Évian, l’inquiétude monte à Genève. Le Conseil municipal a voté hier une motion du MCG demandant aux autorités d’anticiper les risques sécuritaires liés à cette rencontre internationale. Dans les esprits, le souvenir des violences du G8 de 2003 reste vif.

Le spectre du G8 de 2003

Vitrines brisées, scènes de chaos: en 2003, le sommet du G8 avait donné lieu à de violents débordements dans les rues de Genève. Hier soir, les élus municipaux ont exprimé leurs craintes face au prochain sommet du G7 prévu à Évian du 15 au 17 juin.

Les inquiétudes se concentrent notamment sur la grande manifestation féministe du 14 juin, prévue à la veille de l’ouverture du sommet, qui pourrait aussi servir de point de ralliement pour les mouvements anti-G7.

Pour la droite municipale, les souvenirs de 2003 restent très présents. Elle déplore un manque d’informations sur les mesures de sécurité prévues.

«Je trouve qu'il est parfaitement scandaleux de voir que Carole-Anne Kast, conseillère d'État socialiste, ne communique pas du tout sur les mesures de sécurité qui seront prises. On ne lui demande pas de détailler les plans, évidemment, mais de rassurer la population sur les mesures que l'État va mettre en œuvre pour protéger ses habitants et ses commerçants», s’exaspère Maxime Provini, chef du groupe PLR au Conseil municipal.

Les commerçants réclament des réponses

La manifestation du 14 juin inquiète particulièrement l’association Genève Commerce. Les commerçants disent recevoir de nombreuses questions de leurs membres, sans pouvoir y répondre clairement pour l’instant.

«Les inquiétudes ont commencé à la fin de l'année passée. Je reçois de plus en plus de questions sur ce que doivent faire les commerçants pour se préparer à ce sommet, savoir s'ils doivent commencer à se barricader, voire fermer leur commerce. Ils souhaitent avoir des informations, ce qu'ils n'ont pas à l'heure actuelle», explique Flore Teysseire, secrétaire patronale de Genève Commerce.

Des motions aussi au Grand Conseil

Les préoccupations dépassent le niveau municipal. Au Grand Conseil, trois motions évoquant les risques sécuritaires liés au G7 sont actuellement examinées par la commission judiciaire.

«Nous attendons des réponses. Les commerçants, les habitants sont inquiets et veulent savoir si nous allons revivre la catastrophe de 2003», affirme François Baertschi, président du MCG et auteur de l’une des motions.

Les autorités promettent des précisions

Contacté, le département de Carole-Anne Kast indique qu’aucune autorisation n’a pour l’instant été accordée aux organisateurs de la manifestation du 14 juin.

«Plusieurs groupes de travail ont été mis en place aux niveaux national, cantonal et international afin d’anticiper différents scénarios. L’armée et les polices de plusieurs cantons ont déjà été sollicitées en renfort. Des séances régulières de coordination sont menées avec les autorités françaises. Le déroulé final du sommet devrait être communiqué par la France d’ici fin avril», précise Laurent Paoliello, directeur de la coopération et de la communication du Département des institutions et du numérique.

Le département promet de communiquer davantage d’informations sur le dispositif de sécurité une fois ce calendrier confirmé.