Genève

G7: les agriculteurs genevois réclament un accès à la frontière

26.05.2026 18h18 Denis PALMA

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À moins de trois semaines du G7, les agriculteurs genevois tirent la sonnette d’alarme. Soixante-quatorze exploitants possédant des terrains en France demandent aux autorités un macaron pour pouvoir franchir la frontière durant le sommet. Sans accès facilité, AgriGenève redoute de lourdes conséquences sur les moissons.

Arnaud témoignait déjà de son désarroi devant notre caméra jeudi dernier. À cause de la dermatose nodulaire contagieuse, il ne peut plus emmener ses 100 vaches sur les champs qu’il exploite en France, juste de l’autre côté de la frontière. Et durant les six jours du G7, il ne pourra plus non plus emprunter l’une des petites douanes de Chancy pour aller chercher son foin. Une situation qu’il vit comme une double peine.

«On prévoit un budget de 6 millions pour remplacer des vitrines. Et puis pour l'agriculture, on demande des dérogations, mais rien ne se fait. On demande des indemnisations pour la DNC, rien ne se fait non plus. J'ai l'impression qu'on nous exclut complètement», s’emporte Arnaud Carrel.

«On ne peut pas arrêter l’agriculture pendant une semaine»

Arnaud est loin d’être un cas isolé. AgriGenève a recensé 74 exploitants genevois possédant eux aussi des terrains agricoles en France. Avec des moissons annoncées précoces, la fermeture des frontières secondaires menace directement les récoltes d’orge, de pois ainsi que les travaux de la vigne.

Pour la présidente d’AgriGenève, Patricia Bidaux, ces activités ne peuvent pas être mises sur pause, même quelques jours. «Les bonnes pratiques agricoles demandent que les moissons, les traitements et les travaux agricoles soient réalisés en temps et en heure. Ce n’est pas une usine qu’on peut mettre entre parenthèses pendant cinq ou six jours. Sinon, il y a un risque massif de pertes pour certains exploitants.»

La faîtière agricole a pris acte du refus des autorités d’accorder le statut de travailleurs essentiels aux nombreux frontaliers employés dans les exploitations genevoises. Elle réclame désormais un accès facilité à la frontière pour les agriculteurs concernés.

«Il faut des macarons et des consignes claires pour les douanes. Aujourd’hui encore, il semble y avoir beaucoup d’incertitudes sur la manière de gérer les passages liés aux travaux agricoles», conclut Patricia Bidaux.

Une liste d’exploitants en cours de finalisation

Contacté, le département du territoire, en charge de l’agriculture, affirme avoir entendu l’appel des agriculteurs concernés. Il précise qu’«en concertation avec AgriGenève, une liste des exploitants et collaborateurs pouvant bénéficier d’un macaron est en cours de finalisation».