Genève

G7: les commerçants jugent les aides du canton clairement «insuffisantes»

20.05.2026 20h43 Rédaction

teysseire

Si des dégâts devaient être observés en marge du G7, le Conseil d'Etat a décidé mercredi de soumettre au Grand Conseil un projet de loi pour un mécanisme de soutien de six millions de francs. Une mesure insuffisante pour Genève Commerces.

"Nous agirons de manière subsidiaire aux tiers et aux assureurs", a indiqué mercredi Delphine Bachmann. L'aide sera versée sous forme de remboursement ou d'une avance pour des dommages aux vitrines et autres éléments extérieurs, aux locaux commerciaux et au mobilier et aux marchandises. Les désagréments devront avoir été subis entre le 12 et le 18 juin.

"Nous appelons la France à prendre ses responsabilités", a ajouté la conseillère d'État en charge de l'économie et de l'emploi. En 2003, 637 demandes d'indemnisation pour 3,8 millions de francs avaient été déposées. La France en avait alors pris à sa charge une grande partie.

Un premier pas... insuffisant?

Après les annonces du Conseil d’État sur ces aides prévues pour les commerçants, Genève Commerces estime les mesures insuffisantes. Sa secrétaire générale Flore Teysseire réclame des indemnisations plus larges et une prise en charge des protections. «C’est une bonne chose, déclare-t-elle à propos des six millions prévus pour couvrir d’éventuels dégâts. Mais pour nous, c’est clairement insuffisant», insiste Flore Teysseire.

La secrétaire générale estime que le dispositif ne répond pas aux conséquences économiques indirectes du sommet. «On a un autre problème derrière. C’est toute la question du manque à gagner», souligne-t-elle.

Selon elle, les commerces devront parfois fermer plusieurs jours après des dégradations. Genève Commerces demande surtout une prise en charge des protections préventives.

Un fonds pour le chômage partiel demandé

L’association réclamera officiellement de nouvelles mesures lors de la session parlementaire de la semaine prochaine. «On aimerait clairement que la protection, ce qui avait été le cas en 2003, soit prise en charge», explique Flore Teysseire.

Pour elle, les commerçants ont été laissés dans l’incertitude trop longtemps. «Ça fait huit mois que les commerçants supplient le Conseil d’État de prendre des mesures.» Certaines entreprises pourraient devoir fermer temporairement. «Ils vont peut-être devoir fermer leurs entreprises quand ce n’est pas possible», dit-elle au sujet du télétravail.

Une autorisation de manifester trop tardive

Flore Teysseire critique également le calendrier retenu pour annoncer l’autorisation de la manifestation du 14 juin. «c’est trop tard à ce stade», tranche-t-elle. Elle regrette que les commerces concernés ne puissent plus organiser efficacement leur protection. «Les menuisiers sont fully booked. On n’a plus de matériel pour les protéger.»

À quelques semaines du sommet, Genève Commerces appelle désormais les autorités à élargir les indemnisations. Elle estime que le canton doit assumer les conséquences économiques de l’événement, en marge de cette manifestation autorisée afin de permettre «une indemnisation de tous les commerces et les entreprises qui seront touchés par ce sommet non désiré».