Genève

G7: peu d'annonces, beaucoup d'incertitudes

13.05.2026 19h06 Laure Lugon, Clément Vuagnat

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La plupart des petites douanes du canton seront fermées. Concernant la fameuse manifestation No-G7, on ne sait toujours pas si elle sera autorisée ou non. 

Rarement point presse du Conseil d’État aura mobilisé autant de journalistes et de caméras. Et pour peu de résultat. À un mois du sommet du G7 à Evian, le dispositif de sécurité était très attendu. Quelques réponses seulement auront été livrées.

La majorité des petites douanes du canton seront fermées, y compris à vélo ou à pied. Sept points de passage resteront franchissables du 12 au 18 juin: Anières, Moillesulaz, Thônex-Vallard, Bardonnex, Perly Meyrin et Ferney-Voltaire. Les gares de Cornavin et d’Annemasse, ainsi que Genève Aéroport resteront autorisés. Ces points de passage seront placés sous contrôle permanent, 24 heures sur 24.

Devant les risques multiples - blocages, sabotages, perturbations, terrorisme - d’autres polices cantonales viendront en renfort. De même que l’armée, la police fédérale (Fedpol), les polices suisses et les douanes. «La difficulté réside toujours au moment où vous demandez des renforts, explique Monica Bonfanti, commandante de la police genevoise. Les renforts doivent être proportionnels à la menace et aux dispositifs à mettre en place. On a dû demander le concordat de coopération policière romand. On n'est pas assez et donc toute la Suisse va nous aider, principalement Genève, mais aussi Vaud et Valais.»

Afin de limiter au maximum les déplacements, le gouvernement recommande le télétravail. Les services de l’administration resteront ouverts, sauf si l’évaluation des risques impose de fermer des guichets.

«Ce n'est pas parce qu'on communique aujourd'hui que vous devez en déduire que l'état de préparation n'est pas optimale»

Cette évaluation, justement, tarde à venir: «Le Conseil d'État agit avec volonté et détermination, s'agissant d'une volonté de protéger la population, affirme Thierry Apothéloz, président du Conseil d'État. La situation évolue de jour en jour, j'allais même presque dire de minute en minute. Il faut distinguer la question de la préparation de la communication. Ce n'est pas parce qu'on communique aujourd'hui que vous devez en déduire que l'état de préparation n'est pas optimale. Au contraire, c'est le cas.»

Par conséquent, beaucoup de zones d’ombres demeurent. Tout d’abord, le Conseil d’État n’a toujours pas décidé d’autoriser ou non la grande manifestation du 14 juin que tout le monde craint. Alors que les manifestants, eux, ont clairement affiché leur volonté de mobilisation coûte que coûte et averti qu’ils n’accepteraient pas un rassemblement statique. Or le saccage et les pillages de 2003 par des black blocs sont encore dans toutes les mémoires. À l’époque, la manifestation avait été autorisée. Mais alors, il n’y avait pas de réseaux sociaux fonctionnant à plein régime comme actuellement, afin de mobiliser les activistes de tous horizons et aux causes diverses. Carole-Anne Kast, qui doit rencontrer les représentants du collectif No-G7 ce soir, se défend d’attentisme: «Ils nous ont fait part de leurs intentions, on leur a fait part de nos contraintes et indiqué nos enjeux, plutôt par mail, notamment sur le parcours de la manifestation. S'ils viennent, qu'on autorise ou pas, pour braver les interdits et faire des actes illégaux, c'est un peu difficile d'envisager que la manifestation puisse être pacifique et bien se tenir.» Outre les faîtières de l’économie, les cafetiers restaurateurs et les commerçants, la classe politique aussi attend cette décision. Le PLR a déposé un texte réclamant l’interdiction de tout cortège. Ce projet fera l’objet d’une session extraordinaire du Grand Conseil le 28 mai.

Concernant les frontaliers, un système de macarons sera mis en place pour laisser passer le personnel des services et des infrastructures critiques aux douanes ouvertes. Mais le gouvernement, en train d’affiner la méthode, n’en dira pas plus pour le moment.

De même qu’il étudie encore un mécanisme de soutien aux entreprises en cas de déprédations. Les commerçants, dont beaucoup ont déjà acheté des barricades pour protéger leurs arcades, doivent donc continuer à s’armer de patience, à entendre Thierry Apothéloz: «Les entreprises, comme les commerçants, sont invités à nous suivre tous les mercredis. Parce qu'en fait, c'est aussi leur état de préparation qui est important. C'est la façon dont, par exemple, ils vont appliquer le télétravail.»

Rendez-vous est pris mercredi prochain, donc.