Genève Aéroport freiné par la crise de la Genève internationale et la guerre en Iran
Le trafic progresse à peine en 2025 et les revenus stagnent. Entre recul de la Genève internationale et tensions géopolitiques, l’aéroport doit composer avec une dynamique en perte de vitesse.
Genève Aéroport affiche des résultats 2025 jugés satisfaisants. Mais derrière les chiffres, la croissance cale. Le trafic n’augmente que de 0,3%, loin derrière Zurich et Bâle, tandis que les revenus peinent à retrouver leur niveau d’avant-Covid.
La Genève internationale pèse sur l’activité
L’établissement évoque de «bons résultats», malgré un bénéfice en légère baisse. En cause notamment:les difficultés de la Genève internationale. «Nos informations montrent que 10 à 13% des fonctionnaires internationaux basés à Genève ont perdu ou perdent actuellement leurs emplois. Ces personnes voyagent pour leurs travail mais aussi avec leurs familles», explique Jean-François de Saussure, Directeur général Genève aéroport.
Le nombre de mouvements recule de 1%, compensé par des appareils plus grands et un meilleur taux de remplissage. EasyJet domine largement avec 46% des parts de marché, loin devant Swiss à 12%. Londres reste la destination la plus fréquentée, devant Porto et Lisbonne.
Réduction du bruit:des mesures qui portent leurs fruits
L’aéroport met en avant ses efforts pour limiter les nuisances sonores, notamment grâce à des quotas sur les vols tardifs. «Ce système a permis en 2024 de réduire de 36% les vols après 22h et à nouveau de 25% l’an dernier. Année durant laquelle nous appliquions pour la première fois des redevances additionnelles en cas de dépassement du quota bruit. Trois compagnies ont été pénalisées à hauteur de 205000 francs», poursuit-il.
Les tensions au Moyen-Orient impactent le trafic
Autre facteur d’incertitude:la situation géopolitique. «On estime à 4% la baisse de mouvement liée à la réduction des vols vers le Moyen-Orient. 11 compagnies qui opèrent à partir de Genève aéroport sont concernées, soit 5% des passagers par semaine depuis le début de la crise. Une perte de 500000 francs de redevances aéronautiques par semaine», estime le Directeur général.
Malgré ce contexte, Genève Aéroport se projette à long terme. Un plan d’investissement de 2,7 milliards de francs d’ici 2040 est prévu pour moderniser les infrastructures, améliorer les accès et accompagner la transition énergétique.