Genève

Genève prête à investir 33 millions par an dans le sport?

12.02.2026 17h51 Denis PALMA

.

Genève va-t-elle franchir un cap en matière de politique sportive? Un contreprojet à l’initiative «Pour une politique sportive ambitieuse» est débattu ce soir en plénière. Si le soutien au sport fait largement consensus, son financement — 33 millions de francs par an inscrits dans la loi — divise les députés.

Le contreprojet entend réviser en profondeur la loi sur le sport autour de sept axes prioritaires. Il prévoit notamment d’accélérer la rénovation des infrastructures, de professionnaliser les associations faîtières et l’encadrement de la relève, ainsi que d’accorder un soutien financier à une centaine de sportifs d’élite titulaires d’une Swiss Olympic Card.

«Aujourd'hui, beaucoup d’athlètes d’élite à Genève n’arrivent pas à joindre les deux bouts. Avec ce contreprojet, on leur garantit un salaire minimum. C’est une plus-value pour le sport genevois et un modèle pour les jeunes», explique le député socialiste Romain de Sainte-Marie.

136 millions sur dix ans

Au cœur du texte : une augmentation significative des moyens. Le plan prévoit 136 millions d’investissements sur dix ans et un budget annuel porté à 33 millions de francs.

Pour le PS, inscrire ce financement dans la loi est indispensable. «À Genève, des enfants sont sur liste d’attente pour pratiquer un sport. Il manque des infrastructures et des ressources pour les clubs. Il est essentiel d’investir maintenant», plaide Romain de Sainte-Marie, citant l’exemple du canton de Vaud, qui a déjà inscrit des moyens similaires dans sa législation.

Le PLR refuse un «chèque en blanc»

Le PLR, à l’origine de l’initiative populaire, soutient l’idée d’une politique sportive renforcée, mais refuse un montant fixe inscrit dans la loi. Le parti annoncera un amendement.

«Nous sommes favorables à davantage d’investissements, notamment pour les infrastructures. Mais fixer une enveloppe annuelle non liée à des projets précis est inacceptable dans la situation budgétaire actuelle. Nous ne signerons pas de chèque en blanc», affirme Pierre Nicollier, président du PLR.

La question est désormais claire: faut-il garantir un financement pour soustraire le sport aux arbitrages politiques, ou laisser au Parlement la liberté d’adapter les crédits selon les finances cantonales?

Le vote s’annonce serré. Si le contreprojet est adopté, le PLR ne devrait pas retirer son initiative. Les Genevois pourraient alors être appelés à trancher entre les deux textes dans les urnes.