Genève veut valoriser ses cafés historiques
La Ville de Genève entend mieux reconnaître ses cafés emblématiques. Une motion propose de les identifier et de les mettre en valeur à travers un label, des plaques et des animations, pour rappeler leur rôle dans la vie sociale et l’identité des quartiers. Elle devrait être débattue lors de la plénière de mars.
La pizzeria «L’âge d’or», la brasserie Bagatelle et son plafond emblématique ou, un peu plus loin, le mythique «Café de Paris». Autant d’établissements souvent cités pour leur valeur historique et leur ancrage dans la mémoire collective genevoise.
Un projet recentré sur la valorisation
Déposée en 2019 par le conseiller municipal Yves Herren, la motion visait initialement à protéger, inventorier et valoriser ces cafés. En commission, l’idée d’une protection juridique a été abandonnée, jugée irréalisable. Le projet se concentre désormais sur un inventaire et une mise en valeur à travers un label.
Le critère central reste l’ancienneté. «Il est là depuis longtemps, comme le Remor, le café du Bourg-de-Four ou le café de l’Hôtel-de-Ville, qui sont des pierres angulaires de la ville de Genève. Il y a aussi une dimension sociale, liée aux rencontres qui s’y font ou s’y sont faites», explique Yves Herren.
Des critères jugés trop flous par le PLR
La conseillère municipale PLR Michèle Roullet soutient l’intention, mais se montre critique sur les critères retenus. «On n’a pas de critères précis pour dire qu’un café est historique ou non. Si c’est le bâtiment, il peut être protégé au titre du patrimoine. Mais si c’est l’ambiance ou la clientèle, ce ne sont pas des critères fiables», estime-t-elle.
Vers un label cantonal
En 2019, six enseignes avaient fait l’objet d’une demande de classement par Patrimoine suisse. Faute d’accord avec certains propriétaires et en raison de la complexité juridique, la démarche avait été abandonnée. Elle pourrait toutefois déboucher prochainement sur la création d’un label cantonal, nous confirme l’État, une piste qui rejoint l’esprit de la motion municipale.
À ce jour, seul le restaurant Journe, ancien relais de l’Entrecôte, est classé au patrimoine.