Genève

Genève vit l’un des février les plus humides depuis 1864

19.02.2026 18h40 Delphine Palma

pluie

Avec 146mm de pluie depuis le début du mois, février 2026 figure déjà parmi les plus arrosés depuis le début des mesures en 1864. Dans les champs, les semis prennent du retard. Côté cours d'eau en revanche, la situation reste sous contrôle.

De la boue, beaucoup de boue. À Bardonnex dans les champs, la plantation de carottes et de betteraves devaient débuter. À la place, ce sont surtout les bottes qui s’enfoncent. Les sols sont gorgés d’eau, impossible de planter quoi que ce soit.

Des récoltes déjà retardées

«C’est impossible de labourer ou de préparer le terrain », souffle Frédéric Feiereisen, chef de culture chez Biosaveurs. « Pour les semis, la terre doit être fine en surface. Donc il faut absolument que le terrain soit sec. Ça va automatiquement prendre un petit peu de retard dans les plantations et les semis, et surtout à la récolte. On risque d’avoir une à deux semaines de retard sur les récoltes de salades à la moitié du mois d’avril.»

Top 5 pour février 2026

Depuis le début du mois, il est déjà tombé 146mm de pluie, sans compter les précipitations du jour. Près de trois fois la normale pour un mois de février. 2026 figure déjà dans le top 5 des mois de février les plus pluvieux depuis le début des mesures. Et avec les pluies encore attendues, il pourrait se rapprocher du record établi en 1990, analyse Olivier Duding, météorologue chez Meteosuisse. «On a eu une série de perturbations qui sont passées de l’Atlantique au-dessus de la France et au-dessus des Alpes. Ça a aussi touché la péninsule ibérique. Et surtout, on observe l’absence de conditions anticycloniques depuis plusieurs semaines.»

L’Arve reste sage

Beaucoup d’eau donc, mais pour l’instant Genève garde les pieds au sec. Le débit de l’Arve atteint 126m³/s à la station du Bout-du-Monde. Au-dessus de la moyenne saisonnière, autour de 60m3/s  mais très loin des quelque 1000m³/s enregistrés lors de la crue record de novembre 2023.

Rien à voir avec la situaion dans l'ouest de la France explique notre météorologue. «La chance de la Suisse, c’est qu’une grande partie des précipitations est tombée sous forme de neige en montagne. Ça fait du stock qui  ne part pas tout de suite dans les rivières. Dans l’ouest de la France, l'eau est tombé surtout sous forme de pluie, donc elle ruisselle immédiatement.»

D’ici là, un temps plus sec et un net redoux sont annoncés dès samedi. Mais selon les prévisions, pluie et fraîcheur pourraient déjà faire leur retour avant la fin du mois.