Genève

Guerre des chiffres sur la fréquentation de la voie bleue

10.03.2026 17h21 Gilles MIELOT

redac

Bataille de chiffres autour de la fréquentation de la ligne lacustre Corsier-Bellevue. Inaugurée mi-septembre malgré plusieurs recours devant la justice, des comptages affirment que la liaison est peu fréquentée. La CGN au contraire annonce que la fréquentation correspond à ses attentes. 

Une ligne inaugurée par nombre d’élus et d’officiels en septembre dernier après des années de débats houleux, et malgré des recours en justice. La N4 qui relie Corsier à Bellevue propose 20 allers/retours quotidiens concentrés sur les heures de pointe. Une centaine de places assises, espaces dédiés pour les vélos pour 15 minutes de traversée. Une liaison qui est le fruit d’un partenariat public-privé, accusée de servir principalement des intérêts privés notamment ceux des employés de la banque Lombard Odier à Bellevue plutôt qu'un réel intérêt public. La guerre des chiffres sur la fréquentation est lancée. 

«On passe d'une dizaine de personnes par trajet en septembre pour descendre à sept par trajet au mois de novembre. On avait annoncé 1700 personnes au début du projet et on en est à dix fois moins et ça continu de chuter» affirme Me Arnaud Moutinot avocat de l'association Sauvons la baie de Corsier.

Pour la CGN, la fréquentation répond à ses attentes avec une moyenne d’un peu plus de 160 passagers par jour. La ligne qui est payante depuis le début de l’année n’a pas eu d’effet sur les usagers réguliers selon la compagnie générale de navigation qui vise les 200 passagers par jour. 

Selon une passagère régulière, il y aurait quotidiennement une trentaine de personnes à 7h25 entre Corsier et Bellevue. 

La ligne est en phase de test durant trois ans. L’aller/retour coûte 18 francs, un abonnement mensuel 139 CHF, et demi-tarif pour les habitants des communes partenaires. Si la ligne ne couvre pas ses coûts, les communes liées au projet s’engagent à combler le déficit jusqu’à 1,2 millions de francs durant la phase pilote. «La perte est supportée par le contribuable pour une fréquentation qui est un gaspillage de diesel, de temps et d'argent qui est monumental par rapport aux alternatives existantes» ajoute Me Arnaud Moutinot. 

Un huissier sera prochainement mandaté pour faire un nouveau comptage. Une bataille de chiffres pour faire capoter le projet avec le Tribunal administratif fédéral qui pourrait jouer les arbitres en rendant sa décision sur trois recours qui n’ont pas eu d’effet suspensif.