Hôpital de Loëx: un vote décisif pour la rénovation du site des HUG
À quelques jours d’un vote au Grand Conseil, l’avenir du site de Loëx est en suspens. Les HUG s'inquiètent: un refus du projet de loi pourrait retarder de dix ans supplémentaires la rénovation de cet établissement dédié aux patients âgés et très dépendants. Avant le vote en plénière, l’hôpital a ouvert à la presse les portes de ses bâtiments — pour montrer la réalité du terrain.
Maria Mostajo, assistante en soins et santé depuis plus de 20 ans, accompagne au quotidien des patients en attente d’une place en EMS ou en foyer. Dans ce “secteur des soins de maintien” , deux pavillons accueillent 112 patients pour des séjours de près de deux mois en moyenne, parfois bien plus.
Mais les infrastructures ne répondent plus aux standards actuels: jusqu’à 28 patients se partagent quatre toilettes et une seule douche. «Les patients n'ont droit qu'à une douche par semaine uniquement. Ce sont des choses simples que l’on demande, le strict minimum», témoigne la soignante, qui évoque aussi un enjeu de dignité pour les patients.
Un projet à 83 millions de francs est à l’étude depuis une décennie. Il prévoit la rénovation des trois pavillons existants, dont l'un deux est actuellement fermé, et la création de 56 lits supplémentaires, portant la capacité totale à 168. Les nouvelles infrastructures incluraient notamment des chambres avec douches, des espaces pour les familles et les activités, ainsi qu’un patio central accessible toute l’année.
+ 20 à 30 % de patients d'ici 20 ans
Pour le professeur Christophe Graf, cette modernisation est indispensable face au vieillissement de la population. D’ici 30 ans, le nombre de personnes de plus de 80 ans devrait doubler. «Même si on vieillit mieux, il y aura 20 à 30 % de personnes en plus à prendre en charge. Aujourd’hui, nous ne sommes pas capables de le faire, explique-t-il. Nous avons un plan stratégique, mais il passe forcément par la construction de nouveaux bâtiments et la rénovation des structures existantes, dont Loëx. Ce projet est une étape essentielle pour pouvoir répondre aux besoins des patients âgés dans les 20 prochaines années.»
Mais sur le plan politique, le projet divise. S’il a été adopté par le Conseil d’État, la Commission des travaux du Grand Conseil a rendu un préavis négatif en mars. Le député PLR Pierre Conne, ancien médecin à l'Hôpital de Loëx, critique un projet jugé trop coûteux pour un résultat insuffisant. Il défend une alternative : la construction d’un nouveau bâtiment, basée sur un projet global déjà envisagé il y a une vingtaine d’années. « Ce qui nous paraît important, c’est d’avoir une vision d’ensemble et un projet qui réponde aux besoins pour les décennies à venir, explique-t-il. Rénover ces batiments et ne créer aucun lit supplémentaire n'a aucun sens. Il faut mieux dépenser cet argent pour créer d'avatage de lits, pour répondre aux besoins de la population.»
Le vote s’annonce serré. Le projet de loi sera débattu lors de la prochaine session du Grand Conseil, les 7 et 8 mai. Pour les HUG, l’enjeu est crucial: un refus pourrait repousser toute amélioration du site de Loëx de plusieurs années.