Genève

Jardin botanique: après 43 ans d’attente, une fleur rare éclot enfin

19.03.2026 15h20 Delphine Palma

fleurs

Tout vient à point à qui sait attendre… et parfois très longtemps : 43 ans, précisément. Après une première floraison en 2022, une nouvelle Doryanthes palmeri est aujourd’hui en fleur dans les serres du Jardin botanique. Un événement aussi rare qu’éphémère. Un spectacle qui ne dure que quelques semaines. 

Il aura fallu plus de quatre décennies, et même un changement de siècle, pour assister à ce moment rare. Au cœur du jardin d’hiver, une Doryanthes palmeri, originaire de l’est de l’Australie, est enfin entrée en floraison, plus de 40 ans après avoir été semée.

La graine avait été plantée en 1983. En 2026, la plante dévoile enfin sa spectaculaire fleur pourpre. Un événement d’autant plus remarquable que, même à l’état sauvage, cette espèce fleurit rarement avant dix à quinze ans. « Une floraison après 40 ans, c’est quand même extraordinaire », souligne Camille Fournier, jardinière et responsable du jardin d’hiver du jardin botanique. La plante, spectaculaire par sa taille et son allure, ne fleurira pourtant qu’une seule fois «  C’est une fleur monocarpique, elle meurt après sa floraison. » Avant cela, elle produira toutefois des rejets, permettant à d’autres plantes de se développer.

Un autre specimen en 2022

Pour parvenir à une telle éclosion, il faut réunir des conditions très précises : chaleur, lumière, engrais et surtout un suivi minutieux pendant des années. Une patience récompensée aujourd’hui par cette merveille.

En 2022, un autre spécimen avait déjà fleuri dans une serre voisine du Jardin botanique, attirant de nombreux visiteurs. 

Cette fois, le spectacle ne fait que commencer s’enthousiasme Camille Fournier. « La hampe florale va continuer à s’allonger, tandis que les petites fleurs regroupées s’ouvriront progressivement, les unes après les autres. Les plus anciennes faneront à mesure que de nouvelles apparaîtront. » La plante devrait encore évoluer pendant trois à cinq semaines avant de décliner rapidement.

Au-delà de son caractère spectaculaire, cette floraison rappelle aussi l’importance du rôle joué par les jardins botaniques. L’espèce est en effet classée vulnérable en Australie depuis 1995. Sa culture en serre participe ainsi à la conservation d’espèces menacées.

Si certaines plantes se font attendre pendant des décennies, d’autres offrent un rendez-vous plus régulier. Au Jardin botanique, les rhododendrons sont eux aussi en pleine floraison : moins rares, mais tout aussi impressionnants.