Genève

L’ASLOCA dénonce un «coup de force» de la Caisse de pension de Bâle-Ville

22.01.2026 19h20 Rédaction

Une centaine de locataires et 15 commerces restent sous la menace d’une résiliation de bail au boulevard Carl-Vogt. En cause, un projet de rénovation porté par la Caisse de Pensions de Bâle-Ville. Christian Dandrès dénonce une situation «catastrophique».

La consternation demeure pour les habitants et commerçants concernés par les congés. Le propriétaire souhaite rénover cinq immeubles, sans dialogue direct à ce stade avec les locataires. Le Conseil administratif de la Ville de Genève a affiché son soutien, une prise de position saluée par l’ASLOCA.

Lire aussi: Résiliations massives à la Jonction, 116 logements et 15 commerces touchés

«Les locataires sont sous le choc, souligne Christian Dandrès, avocat de l’association. Il y a des mobilisations qui sont en train de se mettre en place à Genève, mais aussi à Bâle. Il est fondamental réagisse et apporte le soutien qu’il faut.»

La LDTR comme levier

Pour l’avocat de l’ASLOCA, le cadre genevois offre des outils clairs. La LDTR permet au Conseil d’État de conditionner l’autorisation de construire au respect des locataires. «Dire tout le monde dehors, faire les travaux et relouer à des prix de fou, ça n’a pas le droit de cité à Genève, ni à Bâle», rappelle Christian Dandrès.

Le conseiller national PS pointe une détérioration de la protection des locataires: «Le Tribunal fédéral a petit à petit érodé la protection contre les congés et met aujourd’hui en avant la liberté contractuelle.» Pour lui, il faut des mécanismes de protection complémentaire, comme c’est le cas à Genève: il rappelle la résiliation de 13'000 baux à Zurich et plusieurs dizaines de milliers de baux menacés selon l’EPFZ.

Selon lui, des rénovations lourdes peuvent se faire sans vider les immeubles. Des exemples existent comme avec les barres Honegger ou au Lignon. «Il y a un savoir-faire, c’est possible et ça doit se faire, parce qu’il faut protéger le parc immobilier locatif et les locataires. C’est la règle à Genève et la caisse de pension doit la respecter.»

À court terme, l’ASLOCA va contester les congés et pousser à l’ouverture de discussions. Objectif: amener la Caisse de Pensions de Bâle-Ville à la table des négociations, avec l’État et les locataires, «pour que le chantier se fasse normalement».