Genève

L’herbier de Rousseau sort exceptionnellement des réserves

16.02.2026 18h24 Delphine Palma

herbier

Un herbier mais pas n’importe lequel. Celui réalisé par Jean-Jacques Rousseau en personne, il y a plus de 250 ans. Acquis par le Conservatoire et Jardin botaniques de Genève (CJB) en 2024, il est désormais présenté au public à travers une exposition.

Des véroniques, de la fumerette officinale, du blé d’hiver. Ceci n’est pas un simple herbier, c’est un trésor. Ce manuscrit botanique a été réalisé par Jean-Jacques Rousseau en personne entre 1771 et 1772. Pour la première fois, une dizaine de planches originales sont présentées au public.

Rousseau, un promeneur scientifique

«Cet herbier est remarquable parce qu’il a à la fois une valeur esthétique, il est magnifique, très bien monté par Rousseau, et à la fois une valeur scientifique parce qu’il montre la grande connaissance de Jean-Jacques Rousseau au niveau de la botanique», souligne Patrick Bungener, commissaire de l’exposition et scientifique au Conservatoire et Jardin botaniques.«Rousseau va faire dans cet herbier un grand travail de synonymie botanique, mettre en lien différents noms.»

Cet herbier, Rousseau le conçoit pour initier son ami, l’imprimeur Charles-Joseph Panckoucke, à la botanique. Il rassemble 99 plantes, préparées et annotées avec une grande précision. Près d’un tiers des spécimens sont déjà considérés comme rares à l’époque. Rousseau n’est pas qu’un promeneur solitaire, c’est un observateur méthodique. « Dans la France pré-révolutionnaire, Rousseau joue un rôle important dans la diffusion de la botanique. Avec cette impulsion, il va pousser beaucoup de personnes à faire de la botanique par intérêt et par amour», poursuit Patrick Bungener.

Occasion unique de le voir en vrai 

Acquis en 2024 lors d’une vente aux enchères grâce à des dons privés, l’herbier est considéré comme une pièce exceptionnelle. Sa présentation délicate, sa rigueur scientifique et son état de conservation impeccable en font un document rare.

Et l’exposition pourrait bien être une occasion unique. «C’est la chance pour le public de le voir cette année parce qu’après, il va retourner quelque part bien protégé et ne plus être sorti», prévient notre botaniste du CJB. «Le voir dans les vitrines, c’est l’occasion rêvée.»

Une trentaine de planches seront présentées en rotation, accompagnées de dispositifs audio consacrés à Jean-Jacques Rousseau. Une plongée dans le travail patient d’un promeneur botaniste, à découvrir jusqu’en décembre prochain.