La SPA Genève placée sous tutelle pendant six mois
Coup de tonnerre dans le monde de la protection animale à Genève. La fondation de la Société Genevoise pour la Protection des Animaux, est mise sous tutelle pour six mois, nous apprend la Tribune de Genève. Un commissaire indépendant est nommé pour assainir la gouvernance et proposer des réformes.
C’est une décision rare. L’autorité cantonale de surveillance des fondations a désigné un commissaire indépendant pour reprendre les rênes de la fondation de la SPA. Durant six mois, il gérera les affaires courantes et définira les mesures nécessaires. Le Conseil de fondation reste en place, mais perd temporairement ses pouvoirs.
«Lacunes structurelles» et gestion opaque
Dans une décision que Léman Bleu s’est procurée, l’autorité évoque des «lacunes structurelles» et une opacité dans la gestion. La mise sous tutelle fait suite à une plainte d’anciens membres, dénonçant «divers dysfonctionnements graves» dès 2024, accentués en 2025.
Au cœur des critiques: des mouvements financiers contestés. Les plaignants évoquent des transferts «massifs», à hauteur de «5millions de francs», réalisés sans validation de l’assemblée générale. Ils pointent aussi des relations floues entre la fondation, propriétaire, et l’association exploitant le refuge, avec des risques de conflits d’intérêts.
La fondation rejette ces accusations. Elle affirme que ces transferts sont liés au projet de rénovation du refuge et parle «d’erreurs isolées» désormais «corrigées» ou de «divergences d’appréciation comptable».
Un climat interne déjà très tendu
La décision intervient dans un contexte explosif. Depuis plusieurs mois, la SPA traverse une crise interne majeure. Plusieurs employés ont été licenciés après avoir alerté sur des dysfonctionnements et des conditions de vie jugées problématiques pour certains animaux.
À cela s’ajoute une élection contestée du comité de l’association, sur fond d’accusations de fraude, qui a fragilisé l’institution.
Candidat malheureux lors de ce scrutin, l’ancien maire de Genève Manuel Tornare voit dans cette décision une validation de ses critiques. «On est content, c'est clair, que toutes nos revendications ont été corroborées par la justice et les pouvoirs publics. On attend maintenant une nouvelle assemblée pour élire un nouveau comité.»
Un recours reste possible devant la justice genevoise. Contacté, le président du Conseil de fondation Gérard Turretini indique avoir pris acte de la décision et vouloir s’y conformer «dans l’intérêt de la fondation».