La loi anti-burkini difficile à appliquer dans les piscines – notre débat
Après l’instauration d’une loi anti-burkini, les vêtements anti-UV sont-ils aussi bannis? Débat entre la députée Alia Chaker Mangeat et la conseillère administrative Maryam Yunus Ebener.
Pour Alia Chaker Mangeat, députée du Centre, la nouvelle législation ne constitue pas une révolution. Selon elle, le texte rétablit simplement des règles qui existaient déjà avant l'autorisation du burkini dans certaines piscines genevoises au début des années 2020. Elle réfute également les critiques sur les tenues anti-UV, estimant que la loi permet aux communes d'adopter des exceptions pour des motifs de santé publique.
Maryam Yunus Ebener, présidente des Vets genevois et magistrate à Onex, juge au contraire la loi difficilement applicable sur le terrain. Elle affirme que les responsables des piscines communales se retrouvent dans le flou quant à son interprétation. L'élue regrette aussi que les communes, pourtant compétentes en matière de gestion des piscines, n'aient pas été suffisamment associées aux discussions.
Au cœur du débat demeure la question du burkini. Maryam Yunus Ebener défend la liberté de chaque femme de choisir sa tenue de bain en fonction de ses convictions ou de son rapport à son corps. Elle estime que la polémique est disproportionnée au regard du nombre très limité de personnes concernées.
De son côté, Alia Chaker Mangeat appelle à une application stricte de la loi. Elle souligne que ses opposants n'ont pas lancé de référendum et considère que le sujet reste sensible au sein de la population. Des recours ont été déposés devant la justice.